Enquete Publié le 06 Septembre 2016 par Héloïse Rambert

Étudiants en médecine : le grand gâchis

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Des semaines avant de décrocher un rendez-vous chez le gynéco, parfois des mois pour les ophtalmos : le manque de médecins est un problème de société connu. Ce qui l’est moins, ce sont les raisons d’être du fameux « numerus clausus ». Pourquoi limite-t-on les places en école de médecine ? Causette a enquêté sur ce système dévoyé, parfois contourné, et qui ne fait plus du tout l’unanimité : numerus clausus, l’histoire d’un non-sens français.

En France, la Paces (première année commune aux études de santé), à l’université, est le passage obligé pour devenir médecin, pharmacien, chirurgien- dentiste ou sage-femme. Tous les bacheliers peuvent s’y inscrire. Sans restriction. Mais la première année est précédée par sa réputation. Évoquez la question avec des lycéens et il est tout à fait probable que des termes proches de « carnage » et « boucherie humaine » arrivent à vos oreilles. La raison de cette violence tient en deux mots : numerus clausus, en français « nombre fermé ». En clair : les places réservées aux étudiants en médecine sont arbitrairement limitées, et ce pour des raisons qui n’ont rien à voir avec une recherche d’excellence.

En première année, les vocations sont nombreuses et les amphis pleins à craquer : « Dans ma promo, nous étions trois mille. Tout le monde ne pouvait pas tenir dans l’amphi. La fac était obligée de faire des roulements d’étudiants et de retransmettre les cours. J’ai plus souvent vu un vidéoprojecteur qu’un vrai prof », se souvient Maxime Rifad, étudiant en 5e année de médecine à Bordeaux et vice-président de l’Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf), chargé des perspectives professionnelles. Mais pour environ 80 % de cette masse estudiantine, toutes filières et universités confondues, le chemin (et le rêve) s’arrête net à la fin de la Paces. Chaque année, l’État fixe par arrêté le nombre d’étudiants, à l’unité près, qui sera autorisé à poursuivre sa formation dans chacune des quatre filières : c’est le tant redouté numerus clausus. Les universités font donc de l’abat- tage en organisant quatre concours. Les étudiants classés dans le numerus clausus obtiennent le précieux sésame pour la deuxième année. Les autres, sauf les plus mal classés, souvent disqualifiés d’office, peuvent redoubler. Juste une fois : tripler sa Paces est interdit, sauf dérogation.


... La suite dans Causette #70.

Publié le 06 Septembre 2016
Auteur : Héloïse Rambert | Photo : infographie : lagraphique
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