CABINET DE CURIOSITE Publié le 06 Septembre 2016 par Marion Rousset

Une main de maître Artemisia Gentileschi

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Italie, XVIIème siècle. Elle a réussi à s’affranchir de la condition à laquelle la condamnait son sexe. Violée à l’âge de 17 ans, Artemisia Gentileschi peint des héroïnes vengeresses et rebelles qui lui ressemblent. Une maîtrise consommée de l’art qui lui vaut d’être la première femme artiste à être admise à l’Académie de dessin à Florence.

Rome, début du XVIIe siècle. L’histoire commence dans les ruelles d’un quartier coupe-gorge de la ville qui abrite une foule de peintres et de sculpteurs venus de toute l’Europe. Des hommes qui, souvent, se jalousent et se haïssent. Rixes, menaces et meurtres hantent ces bas-fonds où des factions rivales manient l’épée chaque soir. Cette violence virile est tout ce que connaît Artemisia Gentileschi, qui grandit dans un univers dont les femmes sont absentes. « Je viens d’un monde où le poignard, le poison et le pinceau se rencontrent dans les mêmes mains », écrira- t-elle. L’adolescente a perdu sa mère, morte en couches quand elle n’avait que 12 ans. Au côté de ses frères, elle est éduquée par un père ombrageux, le peintre Orazio Gentileschi, qui en fait son apprentie... et la tient cloîtrée dans son atelier. Il n’en fallait pas davantage pour que cette jeune artiste qui se rêve déjà peintre d’histoire – une spécialité réservée aux hommes – développe un caractère bien trempé. L’année 1611 aurait pu l’arrêter net dans son élan. Orazio sait que sa fille, alors âgée de 17 ans et dotée d’une longue chevelure auburn qui attise la convoitise, a du talent. Il mise là-dessus pour remplir les caisses du foyer, mais encore faut-il qu’elle se perfectionne. C’est pourquoi il demande au peintre Agostino Tassi, qui travaille avec lui sur divers chantiers, de lui enseigner les règles de la perspective. Mais cet ami de la famille ne se contente pas de faire d’Artemisia son élève. Il en profite au passage pour abuser d’elle au nez et à la barbe d’un père qui la retient prisonnière dans le huis clos du domicile. Et, affront suprême, renonce à sa promesse d’épouser celle qu’il a déflorée.


... La suite dans Causette #70.

Publié le 06 Septembre 2016
Auteur : Marion Rousset | Photo : AKG - Images
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