HORS-SÉRIE FAITS DIVERS Publié le 04 Août 2016 par Fabrice d'Almeida, historien et professeur à l’université Panthéon-Assas, à Paris.

Quand les intellectuels s’emmêlent Affaire Luc Tangorre

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La condamnation à quinze ans de réclusion, en 1983, d’un jeune homme accusé de viols mobilise la communauté intellectuelle, qui prend fait et cause pour lui. Partiellement gracié par François Mitterrand, il récidivera pourtant après sa libération en 1988 et retournera en prison jusqu’en 2000. Depuis, il a été accusé d’agression sexuelle sur une fillette de 12 ans, en août 2014.

Au début des années 1980, un jeune homme, Luc Tangorre, est arrêté pour une dizaine d’agressions et de viols commis entre 1979 et 1981 à Marseille. On sortait des années Giscard et nombre d’intellectuels s’étaient impliqués dans une critique de la société pensée comme mère du crime et du vice. Sous l’influence de personnalités comme Jean-Paul Sartre, les faits divers étaient promus faits de société. Et dans Libération, son journal, les prisonniers étaient bientôt présentés comme les victimes sans voix du capitalisme. Il fallait les écouter, les comprendre pour leur rendre leurs droits, comme l’affirmaient Michel Foucault et ses disciples. Plusieurs braqueurs et criminels notoires avaient leur comité de soutien et même Mesrine, l’ennemi public numéro un, s’improvisait héros social luttant pour l’abolition des quartiers de haute sécurité, ces espaces carcéraux jugés indignes par l’intelligentsia. Écrivains, cinéastes, peintres ou historiens étaient prompts à se mobiliser pour une nouvelle affaire Dreyfus, ce rêve de chaque auteur de pourfendre l’injustice plutôt que le crime.

... La suite dans le Causette hors-série spécial faits divers, en kiosques jusqu'au 7 septembre 2016.

Publié le 04 Août 2016
Auteur : Fabrice d'Almeida, historien et professeur à l’université Panthéon-Assas, à Paris. | Photo : B. Souillard/PhotoPQR/LA PROVENCE
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