HORS-SÉRIE FAITS DIVERS Publié le 04 Août 2016 par Patrick Jean

Enfants: des victimes suspectes Pédocriminalité

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Chaque année, la violence pédocriminelle refait surface à l’occasion de scandales au sein de l’Église ou de l’éducation nationale. La presse relate ces crimes tels des faits divers. Il s’agit pourtant du produit d’un système culturel que de nombreux intellectuels légitimaient il n’y a pas si longtemps. Moins souvent revendiquée publiquement, la pédophilie demeure le résultat de cette idéologie qui n’a pas disparu.

Au début du XIXe siècle, le viol d’un enfant n’est répréhensible que s’il est accompagné d’autres formes visibles de violences. En l’absence de traces de coups, il y a consentement de l’enfant par défaut. En 1832, le Code pénal français punit enfin les agressions sexuelles sur enfants de moins de 11 ans, même commises sans violence. Cet âge sera relevé à 13 ans en 1863, puis à 15 en 1945.

Mais cette transformation politique, qui protège l’enfant en lui ôtant toute possibilité de consentement à un acte sexuel avec un adulte, provoque l’émergence d’une première réaction dès le XIXe siècle : la théorie des « faux attentats ». Les enfants violés seraient des accusateurs frauduleux ou des victimes d’une mère manipulatrice qui chercherait à obtenir des avantages. Toute victime devient suspecte avec ce bouclier culturel pour pédophiles et pères incestueux.

Au début du XXe siècle, une autre stratégie voit le jour : il y aurait une demande des enfants pour le plaisir sexuel avec des adultes. Des auteurs vantent leurs amours pédophiles. André Gide (qui évoque dans son Journal un garçon de 8 ans), Montherlant, Roger Peyrefitte décrivent des enfants les désirant. Or, jusqu’en 1945, le rapport sexuel avec un enfant de 13 ans, commis sans violence, est toujours légal.

... La suite dans le Causette hors-série spécial faits divers, en kiosques jusqu'au 7 septembre 2016.

Publié le 04 Août 2016
Auteur : Patrick Jean | Photo : © J.-L. Hennig/Libération
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