HORS-SÉRIE FAITS DIVERS Publié le 03 Août 2016 par Hélène Constanty

Comment le fait divers a crevé l’écran Crime à la télé

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Du début de la télévision, où il était inexistant, à la prolifération des émissions aujourd’hui, le fait divers a pris une place prépondérante. Claire Sécail *, historienne des médias, spécialiste des représentations médiatiques du crime, nous donne les clés de cette évolution.

Causette : Quelle est la place du fait divers à la télévision française ?

Claire Sécail : Dans les années 1950 et 1960, les crimes et les catastrophes étaient tota- lement marginaux. En visionnant les jour- naux télévisés depuis le tout premier, en 1949, et pendant les vingt premières années, j’ai compté à peine un fait divers criminel tous les deux mois ! La télévision publique, créée par des gens issus du cinéma, les considérait comme des sujets avilissants. En outre, l’État, qui avait le monopole de l’audiovisuel et contrôlait la chaîne unique de télévision, donnait régulièrement la consigne de les passer sous silence. On craignait de fournir de mauvais modèles à la jeunesse en valori- sant des figures criminelles. En 1953, le directeur du journal télévisé, Pierre Sabbagh, déclare : « Dès que l’on met du sang à la Une, c’est que l’on a quelque chose à vendre. Or, à la télévision française, nous n’avons rien à vendre. Je ne vois pas pourquoi nous mettrions du sang à la Une. » Le propos est anticapitaliste, le ton moralisateur.

... La suite dans le Causette hors-série spécial faits divers, en kiosques jusqu'au 7 septembre 2016.

Publié le 03 Août 2016
Auteur : Hélène Constanty | Photo : ina.fr
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