HORS-SÉRIE FAITS DIVERS Publié le 25 Juillet 2016 par Anna Cuxac

Une histoire incroyable mais vraie Détective

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Dans la grande mare des canards, ça fait quatre-vingt-huit ans que Le Nouveau Détective mène sa barque à l’ombre des titres bien sous tout rapport. Avec ses Unes tape- à-l’œil et impudiques, l’hebdomadaire fait gentiment son biz sur les drames les plus macabres. Mais son journaliste vedette, Michel Mary, et les amateurs de faits divers vous le diront : l’attirance pour le drame et l’intimité des autres fait partie de la condition humaine...

C’est le journal que vous achetez en chuchotant son titre (un peu honteux) à votre kiosquier : Le Nouveau Détective. À la Une, enfants trucidés, amants assassinés, viols sadiques... Les plus grandes turpitudes de l’espèce humaine sont recensées et auscultées dans ce que les bonnes gens taxent volontiers de « torchon », le seul hebdomadaire français consacré aux faits divers.

Pourtant, ils étaient 137 000 lecteurs à l’acheter chaque semaine de 2015 pour 1,60 euro, et 10 000 y sont même abonnés, selon l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias (ACPM). Ils ? Ou plutôt « elles », selon le rédacteur en chef du journal, Antoine Agletiner, qui estime que « 60 % du lectorat est féminin et plutôt jeune ». Des ménagères qui se font frissonner en prenant leur shoot hebdomadaire d’histoires glauques, gore et... authentiques ?

Les personnages stéréotypés à coups de « rewriting » sèment le doute : et si tout était bidonné ? Faux ! s’écrit-on à la rédaction. Ni achat d’info ni mystification. Un papier de Détective est, en fait, un bon polar basé sur des faits réels. Les professionnels ne s’y trompent pas. Un journaliste assigné aux chroniques judiciaires dans un grand quotidien national défend bec et ongles l’hebdomadaire : « J’ai pu le constater à travers mon expérience de rubricard : quand un journaliste du Nouveau Détective dit que le petit Matteo a bu un jus d’orange lors de son dernier petit déjeuner sur terre, eh bien, croyez-moi, c’est qu’il est allé le vérifier auprès de la mère de l’enfant, et il est bien le dernier Mohican de la presse française à l’avoir fait ! »

... La suite dans le Causette hors-série spécial faits divers, en kiosques jusqu'au 7 septembre 2016.


Michel Mary

“ Difficile de marquer la frontière entre l’amateur de faits divers et le voyeur ”

Causette a accompagné Michel Mary à Angers, au procès d’un homme accusé d’avoir assassiné la nourrice de son enfant. Ce père de famille pensait qu’elle était responsable de la cécité du nourrisson, devenu aveugle à cause du syndrome du bébé secoué. il a pris vingt-cinq ans. À l’issue du premier jour d’audience, nous avons interviewé le reporter du Nouveau Détective.

Causette : Qu’est-ce qui vous intéresse dans cette affaire ?

Michel Mary : Cette audience, c’est un peu l’empreinte des choses brisées. Ici, ce qui m’intrigue, c’est la victime, dont on ne sait rien pour l’instant. Les victimes sont souvent les grandes oubliées des procès, et j’essaierai de parler d’elles dans mon papier. Et puis le chemin intellectuel qui a amené cet homme au crime n’est pas à ma portée. Il est englué dans sa souffrance et ne s’est pas tourné vers l’extérieur pour demander du soutien. Je pense très honnêtement que s’il avait eu une béquille extérieure, de très bons copains, les choses ne seraient pas arrivées. J’ai bien souvent remarqué que les criminels sont très isolés au moment de leur acte. Je me rappelle un jour avoir consulté dans un bureau de la police le répertoire d’un criminel. Et ce type avait trois numéros : son gardien, son médecin et je ne sais plus trop qui à l’autre bout de la France. Ce mec était seul. Dans les cours d’assises, je vois généralement défiler des gens seuls.

... La suite dans le Causette hors-série spécial faits divers, en kiosques jusqu'au 7 septembre 2016.

Publié le 25 Juillet 2016
Auteur : Anna Cuxac | Photo : © M. Castro pour Causette
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