Santé Publié le 08 Juin 2016 par Maelys Peiteado

Mad Pride : le 11 juin, les “fous” défilent dans Paris 08/06/2016

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Le samedi 11 juin, à Paris, la Mad Pride revient pour sa 3e édition. L’enjeu ? Sensibiliser le grand public à la santé mentale. Déguisés pour la plupart, accompagnés de chars, les manifestants défileront en musique entre l’Hôpital Saint-Antoine et la place de la République.

« L’entonnoir sur la tête n’est pas de rigueur », plaisante Jean-Marc Antoine, membre de la Fnars (Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale), partenaire de la Mad Pride 2016. Le samedi 11 juin, à Paris, cette parade aux faux airs de charivari défilera avec une dizaine d’associations représentant, entre autres, les personnes bipolaires, schizophrènes, alcooliques ou souffrant de TOC, entre l’Hôpital Saint-Antoine et la place de la République.

Déstigmatiser les malades

Clairs, mais encore loin d’être atteints, leurs objectifs sont l’accès à des soins plus diversifiés, à des centres plus humanistes et à une « déstigmatisation » de ses usagers*. Avec le tout nouveau soutien de la Fnars, le collectif s’attelle aussi à l’intégration des personnes en souffrance mentale. « La précarité sociale entraîne les difficultés psychiques et inversement », rappelle Psycom (organisme public d’information, de formation et de lutte contre la stigmatisation en santé mentale). Sorte d’observatoire de la santé mentale, l’organisme fait de la prévention auprès du grand public.

Philippe Guérard, président de Mad Pride et de l’association Advocacy, se rapproche en boitant : « À ma démarche, les gens voient tout de suite que je suis handicapé moteur. Pour les handicapés mentaux en revanche, c’est une autre affaire. » La loi 2005 sur le handicap a permis aux usagers de psychiatrie d’être reconnus comme handicapés, mais elle ne leur permet pas, par exemple, d’avoir accès à une aide à domicile. Pourtant « le contact humain au quotidien est essentiel », affirme-t-il. En ce sens, le président assure lutter pour les « droits fondamentaux » des patients qui, comme n’importe quel Français, ont droit à la santé et la citoyenneté. Il dénonce aussi l’internement de patients sans leur consentement.

Déconstruire les idées reçues

Plus généralement, les membres de Mad Pride regrettent que les patients soient réduits à leurs symptômes et non plus considérés comme des personnes à part entière. D’autant plus que « l’imaginaire collectif est rarement en phase avec la réalité », souligne Aude Caria, psychologue et directrice du Psycom75. « Il faut arrêter de limiter la folie à la souffrance psychique médicalisée », dénonce le collectif, qui affirme qu’une personne sur quatre en France souffre de problèmes mentaux. « Cette souffrance ne passe pas forcément par la case psychiatrie. D’autres thérapies existent, il faut donc sortir de son giron », revendiquent les organisateurs.

Ainsi, et parce que la santé mentale concerne tout le monde, les organisateurs de la parade espèrent de nouveau interpeler les passants pour déconstruire les idées reçues sur les malades mentaux et leur offrir une visibilité sociale. « À la manière de la Gay Pride, nous poussons le stéréotype de “fou” à l’excès afin de le dénoncer », justifie les organisateurs. Pour Yohan, dont le diagnostic n’a pas encore été établi et qui vient de rejoindre le mouvement, c’est avant tout « une marche de la fierté ». Dans une société dite « schizophrène », mais qui banalise le terme autant qu’elle le craint, Mad Pride réclame pour ses marginaux du ciboulot un minimum de dignité.

Pour (re)lire notre reportage de 2014 sur le sujet, cliquez !

* Les personnes atteintes de troubles psychiques qui bénéficient des services de santé mentale.

Publié le 08 Juin 2016
Auteur : Maelys Peiteado | Photo : Illustration : Camille Besse
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