Enquete Publié le 31 Mai 2016 par Hélène Costanty

Des Catastrophes... pas si naturelles Alpes-Maritimes

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Des constructions sur le littoral, une tempête, une inondation et... vingt morts au petit matin. C’était en octobre dernier, dans les alpes-Maritimes. Depuis, des familles, des sinistrés s’interrogent : et si les élus avaient eux aussi leur part de responsabilité ?

L’été avait été chaud, sec et délicieusement interminable. L’automne ne semblait jamais devoir arriver. Quand soudain, samedi 3 octobre 2015, à 20 heures, un déluge s’est abattu sur le bord de mer des Alpes-Maritimes. Pendant deux heures, un rideau de pluie opaque a traversé le département d’ouest en est, accompagné de grêle et d’un orage dantesque. En deux heures, il est tombé 195 mm d’eau à Cannes, 156 mm à Mandelieu-la-Napoule, 128 mm à Antibes... Soit autant qu’il en tombe habituellement pendant tout le mois d’octobre. Ce soir-là, les lumières étaient déjà éteintes dans la maison de retraite Le Clos- Saint-Grégoire, à Biot. La quarantaine de résidents avait fini de dîner et deux employées s’apprêtaient à veiller sur leur sommeil. Mme G., 94 ans, atteinte de la maladie d’Alzheimer, était étendue sur son lit, au rez-de-chaussée de ce petit immeuble au crépi rose, situé au bord d’un vallon. Lorsque ses enfants, alertés par la mairie, sont arrivés, deux heures plus tard, il était trop tard. Mme G. et deux de ses voisines étaient mortes, prises au piège du rez-de-chaussée, balayé par une vague de plus d’un mètre de haut.

Au même moment, à 20 kilomètres à l’ouest, à la frontière avec le Var, M. P., 70 ans, regardait un match de rugby à la télévision, en compagnie de son fils, au troisième étage de son immeuble du Cap-Vert. Cet ensemble résidentiel, construit dans les années 1970, borde le Riou de l’Argentière, à Mandelieu-la-Napoule. Un petit coin de paradis, à deux pas de la plage. Lorsque M. P. a entendu le fracas de la pluie sur les carreaux, il s’est précipité au sous-sol de l’immeuble, en pyjama et pantoufles. Les résidents du Cap-Vert ont l’habitude, dès qu’il pleut, de sortir leur voiture du garage souterrain, régulièrement inondé. D’ordinaire, l’eau ne monte jamais au-dessus du genou, mais cette fois-ci, une énorme vague de boue a déferlé. L’eau ocre et opaque a rempli le sous-sol jusqu’au plafond et fait éclater les vitres des appartements du rez-de- chaussée, dévastant tout sur son passage. M. P. et sept de ses voisins, descendus comme lui pour tenter de mettre leur véhicule à l’abri, ont trouvé la mort dans le sous-sol.

... La suite dans Causette #68.

Publié le 31 Mai 2016
Auteur : Hélène Costanty | Photo : © É. Gaillard/Reuters
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