cinema Publié le 13 Mai 2016 par Ariane Allard

Money Monster : un film cash 13/05/16

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Il n'y a pas que les Américains qui savent réaliser de bons thrillers politiques... les Américaines aussi. La preuve avec le nouveau long-métrage de Jodie Foster. Présenté (hors compétition), ce 12 mai, en avant-première mondiale à Cannes (il est sorti en salles dans la foulée), Money Monster surfe sur un sujet d'actualité tout en témoignant d'une tension – et d'une efficacité – sans failles. Preuve que les concepts de « femme cinéaste » et de « film d'action » ne sont plus forcément antinomiques à Hollywood (n'est-ce pas Kathryn Bigelow ?), même si leur association défrise encore certains. Tant pis pour eux.

Mais, au fait, qu'est-ce qui a bien pu pousser la productrice de Nell ou la réalisatrice du Complexe du castor, films intimistes, à changer de braquet ? Probablement un bon scénario (écrit par une poignée de vieux routiers) et quelques convictions... Money Monster s'attaque, en effet, à la haute finance et à la spéculation. Concrètement, nous voilà donc projetés, dès les premières minutes, sur le plateau d'un show télé financier, prodigue en conseils boursiers et gimmicks clinquants ; une émission animée par un certain Lee Gates... bientôt pris en otage, en direct, par un petit porteur qui le rend responsable de sa ruine personnelle.

Ça va vite, ça va fort, donc ça va bien ! Entendez par là que Money Monster s'inscrit dans le sillage d'illustres prédécesseurs  – d'Un après-midi de chien, de Sidney Lumet ; au Loup de Wall Street, de Martin Scorsese ; en passant par Margin Call, de J. C. Condor – tout en ayant l'intelligence de ne pas chercher à les égaler (ces trois films sont juste brillants). Encore moins à nous épater. Jodie Foster propose en effet une mise en scène assez discrète, l'idée étant de se mettre au service d'un récit riche en rebondissements et d'acteurs-stars – George Clooney, Julia Roberts et Jack O'Connell – qui « font le job » avec talent. Classique, donc. Mais avec juste ce qu'il faut d'humour pour iriser les facettes parfois un peu manichéennes de son film. Si l'on ajoute, enfin, que la cinéaste a su déjouer deux des écueils du produit « made in Hollywood », à savoir l'optimisme gentillet et/ou le pathos, on ne peut donc que se réjouir. Well done, madame !

Money Monster, de Jodie Foster. En salles.

Publié le 13 Mai 2016
Auteur : Ariane Allard
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