La terrasse Publié le 13 Juillet 2010 par Étienne Cassagne

Petit cours de paranoïa... ...pour les nuls

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Ambassadeur, homme politique, syndicaliste, intellectuel, journaliste, prostituée... l'espion peut se nicher partout. Et si possible à l'insu de son plein gré !

Le Quai d'Orsay tout comme Clotilde Reiss s'en sont tenus à un strict démenti : non, la jeune Française retenue pendant plusieurs mois en Iran n'a jamais donné la moindre information à la DGSE, en dépit des déclarations de Pierre Siramy, ancien sous-directeur d'administration de l'agence. Pour ce dernier, la lectrice de l'Université d'Ispahan, ville qui abrite une installation nucléaire, était « immatriculée » à la DGSE et aurait travaillé « au profit de la France pour collecter des informations » sur l'Iran. L'ex-espion, en pleine campagne de promotion de son livre, 25 ans dans les services secrets1, a-t-il inventé cette belle histoire pour vendre quelques exemplaires de plus d'un ouvrage qui caracolait déjà en tête des meilleures ventes ? Si l'hypothèse n'est pas à exclure, il faut aussi rappeler l'étendue du concept « d'agent » dans l'univers cloisonné et paranoïaque de l'espionnage. Car outre l'agent secret, plus connu sous le nom d'espion, on peut distinguer entre autres l'agent clandestin (qui travaille par exemple sous la couverture d'un journaliste ou d'un homme d'affaires, sans lien avec son pays d'origine), l'agent provocateur (lequel « provoquera » incident, révolte ou attentat pour le compte d'une puissance étrangère), ou encore « l'honorable correspondant », comme on désigne un ressortissant collaborant avec un service de renseignements par pur esprit de patriotisme.


Clotilde Reiss était-elle un « agent clandestin » ou une « honorable correspondante » ? Pierre Siramy semble privilégier la seconde hypothèse : « C'est par patriotisme qu'elle s'est présentée elle-même à l'ambassade dès son arrivée en Iran », affirme-t-il. « Un engagement que les autorités locales auraient découvert en scrutant sa correspondance par Internet le 1er juillet 2009. » Le profil de la jeune chercheuse, parlant couramment le farsi et postée dans une ville abritant un centre nucléaire, avait certes tout pour intéresser la DGSE et intriguer le Vevak, le Ministère iranien des Renseignements et de la Sécurité nationale.

 

...à lire dans Causette #9...

 

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Publié le 13 Juillet 2010
Auteur : Étienne Cassagne | Photo : Aldo Sperber / Picturetank
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