50 numéros et toujours aussi allumée ! Publié le 26 Avril 2016 par dossier réalisé par Juliette Plagnet

Nos armes citoyennes ! Nuit debout

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Partant du désir fou et légitime de reprendre notre destin en main, des mouvements, des courants de pensée ont émergé. Une lame de fond qui pourrait tout changer.

Causette : trois journalistes, trois tranches d’âge ont passé la nuit debout et n’en sont pas tout à fait revenus.

On pensait que c’était impossible. Sous pré- texte que les jeunes ne votent plus, on les disait dépolitisés. C’est faux : si tous ceux qui sont là rejettent la politique, ils pensent, parlent « politique », au premier sens du terme : l’organisation de la cité. On nous disait individualistes, connectés et capitalistes. On pensait que des rassemblements citoyens avec des jeunes, aujourd’hui, ça ne pouvait plus exister. Et là, devant nous, cette Nuit debout : un rassemblement de travailleurs, d’intellectuels, d’étudiants qui veulent dépasser les barrières entre les luttes, entre les villes et les banlieues. Entre les gens. Les Nuits debout veulent réécrire le politique et réinventer la société. Et ça, on ne s’y attendait pas. Que c’est bon d’y être !

Juliette, 23 ans


Ces dernières années, je me suis souvent demandé où étaient les jeunes pendant que les usines fermaient, que les droits des femmes reculaient, que le niveau de vie baissait... Moi qui ai grandi avec les acquis de Mai 68, j’étais déçue aussi de voir chacun ne défiler que pour sa cause. Avions-nous échoué ? Et je les vois, là, debout, regroupés et vibrants... Peut-être que ce mouvement-là, Nuit debout, cessera. Mais d’ores et déjà, la pollinisation a eu lieu : croyez-moi, c’est le printemps. Enfin ÇA se passe. Enfin on se réveille d’un long sommeil. Enfin on est ensemble. Et ça, ça me bouleverse.

Liliane, la cinquantaine


Alors ça y est, serions-nous à ce moment tant attendu du renouvellement forcé de la classe politique ? Exit les mêmes trombines présentes depuis des décennies, squattant entre potes plateaux, têtes de liste et hémicycles ? La France serait-elle prête à choisir la voie – plus accidentée, mais tellement plus fraîche – du (vrai) changement ? À cesser de se laisser confisquer encore et toujours le pouvoir et la parole par une classe qui ne représente qu’elle-même ? Serait-elle mûre pour se dire que, non, « l’antisystème », ça n’est pas Le Pen ou Mélenchon, ces purs produits dudit « système », mais que la solution est bien là, citoyenne, parmi nous, entre nous ?

Grégory, 34 ans

... La suite dans Causette #67.

Publié le 26 Avril 2016
Auteur : dossier réalisé par Juliette Plagnet | Photo : © Meyer/Tendance floue
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