Litterature Publié le 24 Février 2016 par Sarah Gandillot

Le fabuleux destin de Catherine Poulain

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À 55 ans, Catherine Poulain – qui, quand elle ne court pas après ses brebis à 2 000 mètres d’altitude, vit dans une caravane sur un terrain vague à Manosque – sort son premier roman, Le Grand Marin. Un livre magistral, surgi de ses entrailles. l’histoire d’une femme rêvant de prendre le large, qui part pêcher le flétan dans les eaux glaciales d’Alaska. Et cette histoire, c’est la sienne...

D’abord, il y a cette voix. Fluette. Celle d’une petite fille. Et cette façon étonnante de prendre son souffle, en deux petits coups brefs, avant de prononcer les phrases, aussi denses que celles de son livre, qui se bousculent dans sa tête. Et puis il y a ce corps efflanqué de bergère, taillé par les heures de marche dans les alpages à tenter de rassembler son troupeau. Jusqu’à sept cents bêtes parfois. « Quand je suis là-haut, j’ai tellement peur d’en perdre une, qu’une autre soit malade ou attrapée par le loup, que j’ai l’appétit coupé », admet Catherine Poulain. Même quand elle redescend, elles hantent ses nuits : « Dans mes rêves, les brebis sont comme de l’eau. Elles se déplacent comme des flots sinueux. »

Il y a aussi ce visage tanné par le vent, le soleil et le froid. Dans les sillons de sa peau, on voit tanguer les chalutiers. Enfin, il y a ces mains énormes, gonflées, crevassées. À l’une d’elles, il manque un bout de doigt, perdu en mer, « sectionné par un winch ». Elle en est fière. Elle porte cette blessure comme un trophée. Ses mains à elles seules invitent à l’aventure.

 

... La suite dans Causette #65.

Publié le 24 Février 2016
Auteur : Sarah Gandillot | Photo : Benjamin Bechet pour causette
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