Politique Publié le 24 Février 2016 par Sylvie Fagnart

Un choc en douce

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Depuis les attentats, le gouvernement dégaine un arsenal sécuritaire et continue à libéraliser l’économie. Faire la guerre aux terroristes, faire la guerre au chômage : choquée et tétanisée, l’opinion est tentée de tout laisser passer pourvu qu’elle se sente protégée. Un glissement qui n’est pas sans rappeler La Stratégie du choc de Naomi Klein.

Bravant la pluie insistante de fin janvier, ils étaient plusieurs milliers sous leurs parapluies. De 5 500 à 20 000 personnes – selon ces comptages différenciés qui laissent toujours sans voix – défilaient à Paris pour protester contre la prolongation de l’état d’urgence. Quelques milliers supplémentaires dans soixante-dix villes, ailleurs en France. Une première brèche dans la sidération silencieuse qui semblait s’être emparée du pays depuis les mas- sacres du 13 novembre. Sous le choc, ce dernier avait reçu en y adhérant (selon de multiples sondages) les propositions de ses gouvernants pour combattre les terroristes qui l’avaient ensanglanté. État d’urgence immédiat, puis sa prolongation complétée par son inscription dans la Constitution. Déchéance de nationalité des terroristes. Réforme de la procédure pénale. « Les propositions pour préserver davantage les libertés ont été balayées sous l’argument “on ne va pas chipoter”, rapporte le constitutionnaliste Bastien François, professeur à la Sorbonne. Mais s’il est bien un sujet sur lequel il faut chipoter, c’est la Constitution ! », s’insurge-t-il.

 

... La suite dans Causette #65.

Publié le 24 Février 2016
Auteur : Sylvie Fagnart | Photo : Illustration : Camille Besse
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