Causette suit l'info Publié le 08 Février 2016 par Éric la Blanche

Faire tomber la fraude fiscale de ses sièges 08/02/16

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Ce matin, à l'invitation d'Attac, d'Action non violente (ANV)-COP21 et des Amis de la Terre, “Causette” avait rendez-vous dans une brasserie de la place du Châtelet, à Paris, pour l'épisode final de la grande opération des Faucheurs de chaises.

Pour mémoire, cela fait maintenant plusieurs mois que ces faucheurs volontaires écument les sièges de grandes institutions bancaires telles que BNP Paribas, soupçonnées de faciliter – quand elles n'organisent pas carrément – l'exil fiscal de leurs clients. Leur but ? Y « réquisitionner » autant de chaises qu'il y avait de « parties » présentes à la COP21, soit 196. Pour protester, selon les termes du philosophe Patrick Viveret, membre de l'organisation, contre une évasion fiscale « massive et organisée » au niveau des États.

Selon les calculs d'Attac, il s'agirait de récupérer, rien que pour la France, entre 60 et 80 milliards d'euros ! Autant dire que ces montants faramineux seraient bien utiles pour lutter contre le réchauffement climatique, financer l'éducation, la Sécurité sociale, les retraites ou lutter contre le chômage. Mais, pour l'instant, la lutte contre la fraude fiscale made in France aurait rapporté moins de 2 petits milliards tandis que plus de 3 000 postes auraient été supprimés* dans les services de contrôle de la Direction générale des finances publiques (DGFIP) depuis cinq ans. Autant dire que l'État français ne se donne peut-être pas tous les moyens nécessaires à une lutte digne de ce nom...

Les Faucheurs de chaises ont donc décidé d'aller « rendre les sièges réquisitionnés » devant le Palais de justice de Paris, où comparait, pour fraude fiscale et blanchiment, Jérôme Cahuzac. Mais ce que réclament les faucheurs par ce geste symbolique, ce n'est pas tant la condamnation de l'ancien ministre qu'un « procès de la fraude fiscale en général », « l'obligation de transparence sur les activités réelles des banques et l'identité des détenteurs de compte » ou « la pénalisation de l'évasion organisée par les banques ».

Malheureusement, sur le Pont au Change qui mène à l'île de la Cité, un cordon de CRS a empêché les manifestants de porter leur butin jusqu'au Palais de justice. Ils ont donc laissé les 196 sièges sur place, les confiant aux soins des forces de police. « Finalement, la fraude fiscale, ça devrait être leur boulot, non ? » entendait-on dans la foule, rigolarde.

* Selon Solidaires Finances publiques, force syndicale de la Direction générale des finances publiques.

Publié le 08 Février 2016
Auteur : Éric la Blanche | Photo : E.L.B.
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