Culture Publié le 25 Janvier 2016 par Ivan Capecchi

Main basse sur le livre Amazon

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Avec sa plateforme d’autopublication, Amazon a probablement ouvert la boîte de Pandore dans l’édition française. Mais les faits sont là : face à des maisons d’édition classiques qui ignorent nombre d’auteurs ou parfois les paient au lance-pierre, le géant américain a permis à des écrivains d’être publiés, voire d’exploser des records de ventes. Machine à fabriquer des best-sellers, certes. Volonté d’hégémonie, sûrement. gare aux éditeurs qui ne voient pas la tornade arriver.

C’est bien connu : dans l’imaginaire collectif, l’écrivain autoédité est un raté. Au pire, un rebut des prestigieuses maisons d’édition ; dans le meilleur des cas, un artiste incom‐ pris. Pourtant, Amazon a fait le choix de tout miser sur cette catégorie d’auteurs. Le géant américain de la vente en ligne a compris le premier que le monde de l’auto‐ édition avait connu une double révolution. Technique, d’abord, parce que le numérique a permis de casser la coûteuse barrière de la distribution. Fini la tournée des salons du livre pour espérer vendre quelques exemplaires : Amazon.fr, c’est 17 millions de visiteurs uniques par mois et autant de lecteurs potentiels. Symbolique, ensuite, parce qu’il ne se passe plus une année sans qu’un auteur autoédité ne signe un best‐seller.

Des droits d’auteur inégalés

Alice Quinn, Aurélie Valognes, Wendall Utroi... Ces noms ne vous disent peut‐être rien ; tous, pourtant, ont vendu entre 15 000 et 25 000 exemplaires de leur livre élec‐ tronique grâce à la plateforme d’auto‐ édition d’Amazon, Kindle Direct Publishing (KDP), là où les ventes en librairie d’un premier roman se situent, en moyenne, automatiquement des moteurs de recom‐ mandation d’Amazon, telles les newsletters ciblées ou les indications type « Vous avez aimé ce livre ? Alors vous aimerez aussi... ». La vente entraîne la vente. Adepte du low cost, Amazon dispose d’un argument mas‐ sue pour les auteurs qui rechigneraient à proposer l’œuvre de leur vie à moindre coût. Si le prix du livre est compris entre 2,99 et 9,99 euros, l’auteur touche 70 % des recettes. Un pourcentage « intenable » pour les maisons d’édition classiques, comme le concède Florian Lafani, respon‐ sable du développement numérique chez Michel Lafon, qui invoque des coûts incom‐ pressibles, comme les frais liés à la gestion de la « maison ».

... La suite dans Causette #64.

Publié le 25 Janvier 2016
Auteur : Ivan Capecchi | Photo : © Ben Roberts/PictuRetank
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