Culture Publié le 25 Janvier 2016 par Carine Roy

Décors pour des corps  Réparer les vivants • Épisode 4

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Réparer les vivants, de Katell Quillévéré, raconte l’histoire d’une transplantation cardiaque sur vingt-quatre heures, avec tahar Rahim en coordinateur de prélèvements d’organes. Pour certaines scènes, il a fallu fabriquer des cœurs et reconstituer deux blocs opératoires en studio. une nouvelle étape passionnante.

Travailler parmi les têtes coupées d’Audrey Tautou ou de Gérard Depardieu entreposées sur des étagères ou parmi des cerveaux sanguinolents et des visages aux yeux crevés fait partie du quotidien des équipes de l’Atelier 69, à Montreuil (Seine‐Saint‐Denis). C’est Frédéric Lainé, l’un des fondateurs de cette société d’effets spéciaux, qui nous a accueillis en octobre dernier : « À la déco, certains ont assisté à de vraies opérations. Mais pas moi ! Je ne supporte pas la vue du sang ! [Rires.] Ici, on fabrique du faux, et dès qu’il y a du faux sang partout, ça nous fait marrer, mais si c’est du vrai, d’un seul coup, c’est la panique ! » avoue‐t‐il.

Avec deux autres maquilleurs/effets spéciaux, Nicolas Herlin et Clément Wintz, ils ont travaillé pendant près d’un mois à la conception du cœur de Simon [le jeune surfeur en mort cérébrale joué par Gabin Verdet, ndlr]. Ils se sont beaucoup documentés et, surtout, ils ont suivi les conseils de chirurgiens vasculaires et thoraciques consultants sur le film. Quentin Pellenc et Arnaud Roussel, l’un attaché à l’hôpital Bichat et l’autre à l’hôpital Georges‐Pompidou, ont notamment vérifié si le cœur fabriqué par l’Atelier 69 était conforme à la réalité. Frédéric est aujourd’hui rassuré : « On avait déjà fait un prototype pour le film À cœur ouvert [film de Marion Laine avec Juliette Binoche], mais sur le film de Katell, on s’est vraiment améliorés techniquement. Au début, on était partis sur un cœur de cochon ! Eh oui, ça ressemble à 98 % à un cœur humain. Mais les chirurgiens le trouvaient un peu petit. En définitive, on a acheté un modèle anatomique dans un catalogue de médecine, un cœur échelle 1, on en a fait un moulage et on l’a sculpté de façon réaliste. On l’a un peu aminci pour le rendre plus cinématographique. C’est du silicone avec des poches gonflables et des tuyaux qui permettent d’envoyer de l’air et où passe le sang. C’est compliqué à fabriquer : il y a plein de cœurs différents, des couleurs variées, c’est vraiment de la sculpture. »

... La suite dans Causette #64.

Le feuilleton cinéma de Réparer les vivants :
- épisode 1, le scénario
- épisode 2, le repérage des décors
- épisode 3, les essais caméra

Publié le 25 Janvier 2016
Auteur : Carine Roy | Photo : Camille Mcouat pour Causette
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