Femmes du monde Publié le 25 Novembre 2015 par Emilie Lopes

Wai Wai Nu & Nang Pu Birmanie

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La Birmanie vient de vivre un moment crucial de son histoire : Aung San Suu Kyi et son parti sont arrivés en tête des législatives. La transition démocratique est lancée, après cinquante ans de dictature. Mais les défis restent nombreux, et des femmes sont prêtes à les relever. À l’image de Wai Wai nu, figure de proue de la lutte pour les Rohingya, ou Nang Pu, qui défend les droits des femmes.

Wai Wai Nu : féministe, musulmane et birmane

Persécutée et emprisonnée pendant sept ans, avec sa famille, pour son appartenance à l’ethnie honnie entre toutes en Birmanie, les Rohingya, Wai Wai Nu a nourri sa détermination derrière les barreaux. Militante pacifiste, elle lutte contre cet apartheid au sein de son pays et à l’international.

La joie est tout en retenue. Son visage, marqué par la fatigue de ses nombreux voyages, ne laisse transparaître que quelques vains sourires. Comme par politesse. Presque forcés, pour l’interview. Et pourtant. Aung San Suu Kyi, l’héroïne de son enfance, vient de remporter les élections législatives en Birmanie. Mais la victoire demeure amère pour Wai Wai Nu. Son peuple n’a pas pu voter. Les Rohingya, une minorité musulmane de Birmanie, ne sont plus reconnus comme des citoyens depuis 1982. Victimes de l’extrémisme bouddhiste, ils vivotent, parqués dans des camps de fortune ou des villages encadrés par les militaires dans l’État d’Arakan, aux portes du golfe du Bengale.

... La suite dans Causette #62.

Nang Pu : Au combat

Dans le nord de la Birmanie, dans l’État de Kachin, qui réclame son indépendance, les conflits armés font rage. Nang Pu se bat depuis des années aux côtés des femmes victimes sexuelles des soldats du gouvernement.

« Nang Pu ? Bien sûr que je la connais. C’est une femme très ferme, très déterminée. » À Myitkyina, capitale de l’État de Kachin, dans le nord de la Birmanie, à quelques kilomètres de la Chine, sa réputation la précède. Pourtant, sa silhouette fluette et sa voix douce, presque inaudible, détonnent un peu. Mais la force de ses mots en dit long. « Je me bats depuis toujours pour la paix. Les femmes ici sont les plus discriminées du pays. Les soldats du gouvernement violent les civiles, et je veux faire reconnaître ces actes comme des crimes de guerre. »

La paisible vallée des rubis décrite par Joseph Kessel au siècle dernier s’est peu à peu transformée en champ de bataille. Après dix-sept années de cessez-le-feu, le conflit a repris en 2011 entre l’armée indépendante kachin (KIA) et la Tatmadaw, l’armée du gouvernement birman, poussant à l’exil plus de 100 000 personnes. Avec en arrière-plan des intérêts financiers colossaux, comme le commerce du jade, de l’opium, de l’or ou encore du teck. À l’approche des élections, le gouvernement a déployé pour la première fois l’artillerie lourde.

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Publié le 25 Novembre 2015
Auteur : Emilie Lopes | Photo : © Elliott Verdier
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