La copine de Causette Publié le 25 Novembre 2015 par Héloïse Rambert

Rencontre avec une légende Erin Brockovich

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il y a quinze ans, Erin Brockovich, seule contre tous sortait sur les écrans. Julia Roberts remportait un oscar pour son interprétation de cette trentenaire, mère célibataire sans diplôme et sans le sou, qui révèle une affaire de contamination des eaux en Californie et finit par mettre les pollueurs à genoux. La « vraie » Erin est désormais une activiste environnementale populaire, hyper active et hyper influente, qui lutte toujours pour la préservation d'une eau propre comme bien collectif. Rencontre avec une icône droite dans ses bottes, au vocabulaire fleuri et au rire rocailleux.

« Tu ne vas pas me demander comment elle est, Julia Roberts ? » balance-t-elle d’emblée de sa voix puissante, un poil déstabilisante. Elle est arrivée avec son boyfriend (non, ce n’est pas le biker du film !), qui s’est éclipsé aussitôt. À la regarder, installée sur ce sofa dans le hall du luxueux Willard Hotel, à côté de la Maison-Blanche, à Washington, sûre d’elle, immense, tout en jambes, cheveux blond platine, boots panthère et Ray-Ban miroir, on se dit que, non, il n’a pas forcé le trait, Steven Soderbergh. Cette fana de shopping a maintenant 55 ans et une petite-fille dont elle est gaga. Erin Brockovich en jette. On goûte d’autant plus le spectacle qu’il a fallu batailler pendant quatre longs mois avec son agent pour la rencontrer. En cause : un agenda plein à craquer et une difficulté évidente à tenir en place. Si elle vit officiellement en Californie, elle voyage sans cesse.

L’enfance d’Erin, c’est pourtant loin de Hollywood. Née au Kansas, aux États-Unis, d’une mère journaliste, de qui elle dit tenir « son côté fouineur », et d’un père ingénieur, républicain pur et dur, elle reçoit une éducation très moraliste dans une famille qui lui inculque « des principes et des valeurs ». Dyslexique, elle galère à l’école : « Je ne retenais rien, j’étais nulle. Dès mon plus jeune âge, je me suis sentie cataloguée et jugée. » Jeune adulte, elle peine à trouver sa voie. Après avoir tenté une école de mode au Texas, elle se marie à 19 ans, convaincue que « c’est ce qu’on attend [d’elle] ». Puis elle part en Californie, où elle enchaîne les petits boulots, et s’inscrit à un concours de beauté. « Et putain, j’ai gagné ! » Elle rit : « Tu as devant toi Miss Pacific Coast 1981. » Mais l’expérience la déprime et elle laisse tomber sa couronne comme elle a laissé tomber le reste.

... La suite dans Causette #62.

Publié le 25 Novembre 2015
Auteur : Héloïse Rambert | Photo : Caitlin Teal Price pour Causette
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