Litterature Publié le 03 Novembre 2015 par Sarah Gandillot

Delphine de Vigan, lauréate du prix Renaudot, répond à notre questionnaire de Woolf 03/11/15

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Chaque mois, “Causette” détourne le mythique questionnaire de Proust pour en faire son questionnaire de Woolf, inspiré de la vie et de l’œuvre de la grande Virginia.

Avec D’après une histoire vraie, son nouvel ouvrage qui a obtenu le prix Renaudot le 3 novembre 2015, Delphine de vigan est l’une des figures marquantes de cette rentrée littéraire. En 2011, elle a publié Rien ne s’oppose à la nuit, sublime roman dans lequel elle raconte l’histoire de sa famille et, notamment, de sa mère bipolaire. En 2010, Zabou Breitman avait adapté son roman No et moi pour le cinéma. A l'occasion de l'obtention de ce prix Renaudot, nous publions dans son intégralité l'interview de l'écrivaine, publiée dans Causette #60 (octobre).

Causette : Les livres marquants de la « bibliothèque » de vos parents ?

Delphine de Vigan : Le Maître et Marguerite, de Mikhaïl Boulgakov, le livre culte de ma mère, comme une énigme à déchiffrer.

Les lieux de votre enfance ?

D. de V. : Le quartier des Grands Godeaux à Yerres [Essonne, ndlr], puis une petite résidence de Bagneux.

Avec qui aimeriez-vous entretenir une longue correspondance et pourquoi ?

D. de V. : Laura Kasischke, parce que j’aime énormément son écriture et son univers.

Une grande histoire d’amour avec une personne du même sexe, ce serait qui ?

D. de V. : Jill, la femme piège de Bilal. Parce qu’elle est sublime.

Que faites-vous dans vos périodes de dépression ?

D. de V. : Je m’agite !

Que faites-vous dans vos périodes d’excitation ?

D. de V. : J’essaie de dormir...

Votre remède contre la folie ?

D. de V. : J’aimerais pouvoir vous dire l’écriture, mais je n’en suis pas sûre... L’amitié.

Vous créez votre maison d’édition, qui publiez-vous ?

D. de V. : Virginie Despentes.

Vous tenez salon, qui invitez-vous ?

D. de V. : Plutôt dans ma cuisine, Élisabeth Badinter.

Le secret d’un couple qui fonctionne ?

D. de V. : La chimie, d’abord. Et puis le respect.

Si vous aviez une seule question à poser à Freud ?

D. de V. : Si c’était à refaire...

LA chose indispensable à votre liberté ?

D. de V. : Des moments de solitude.

Le deuil dont vous ne vous remettrez jamais ?

D. de V.: Il n’a pas eu lieu. Heureusement.

Votre phare dans la nuit ?

D. de V. : Les livres.

Que trouve-t-on de particulier dans votre « chambre à vous » ?

D. de V. : Des chaussures.

À quoi reconnaît-on un ami ?

D. de V. : Celle ou celui qui est capable de vous dire les choses, même quand elles sont difficiles à entendre.

Qu’est-ce pour vous que le féminisme ?

D. de V. : Une nécessité.

La plus belle façon de se donner la mort ?

D. de V. : Je n’y tiens pas pour l’instant !

Qu’est-ce qui occupe vos pensées « Nuit et jour »?

D. de V. : Mes enfants, sans doute.

Vous démarrez un journal intime, quelle en est la première phrase ?

D. de V. : « Il était une fois. »

Publié le 03 Novembre 2015
Auteur : Sarah Gandillot | Photo : ©Harvard theatre collection // Nemo Perier Stefanovitch
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