Reportages Publié le 28 Octobre 2015 par Laurène Daycard

Pourvu que ce soit un garçon Albanie

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Dans ce pays des Balkans, candidat officiel à l’Union européenne, il naît plus de garçons que de filles. Cet écart du sexe-ratio à la naissance n’a rien de naturel. Les avancées technologiques en matière d’échographie sont parfois perverties pour opérer une sélection prénatale des foetus.

À 25 ans, Luljeta rêvait d’amour. Mais dans son village, près de Tirana, la capitale, les possibilités de croiser l’élu de son coeur étaient minces. Gênés face à ce célibat jugé tardif, ses frères lui font entendre « raison ». Luljeta se fait alors passer la bague au doigt par Agron, un veuf de presque 15 ans son aîné, déjà père de deux filles. La jeune mariée, qui a arrêté ses études en première, s’installe chez son époux. Deux années plus tard, elle se retrouve enceinte. Au bout du quatrième mois, à l’issue d’une visite de routine à l’hôpital, le verdict tombe : c’est une fille. « Je n’aurais jamais pensé que ça poserait un problème, mais Agron ne voulait pas d’une autre fille dans sa vie, se remémore d’une voix à peine audible Luljeta, aujourd’hui âgée de 37 ans. Il avait besoin d’un fils. » Sa belle-soeur lui glisse le nom d’une faiseuse d’anges 1. Pour une quarantaine d’euros, cette dernière accepte de l’avorter clandestinement.

Chiffre noir de l’avortement

Depuis 1991 et la chute du communisme, régime caractérisé par une forte politique nataliste, l’avortement est légal en Albanie. En 1995, le délai a été fixé à douze semaines, soit le même qu’en France. Au-delà, l’interruption volontaire de grossesse (IVG) peut se pratiquer pour des raisons thérapeutiques. La patiente doit recueillir l’aval écrit de trois médecins.

... La suite dans Causette #61.

Publié le 28 Octobre 2015
Auteur : Laurène Daycard | Photo : Alessandro Rampazzo pour Causette
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