Femmes du monde Publié le 28 Octobre 2015 par Laure Noualhat

Alter Native Naomie Klein

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Dans la famille des intellectuels qui font du bien, on demande sans hésiter Naomi Klein, une journaliste, essayiste canadienne qui cartonne dans la petite sphère de la contestation altermondialiste. À quelques semaines de la Conférence sur le climat à Paris, elle vient de cosigner un appel pour l’arrêt des crimes climatiques 1. Avec d’autres icônes environnementalistes comme l’Indienne Vandana Shiva, le climatologue Jean Jouzel ou l’activiste américain Bill McKibben, elle pousse entreprises, institutions, États… à désinvestir le secteur des énergies fossiles.

Avec son dernier livre, Tout peut changer, paru en début d’année, la quadra aux sourcils marqués et au rouge à lèvres impeccable, est devenue l’icône de la gauche nordaméricaine, la pasionaria de l’anticapitalisme et la théoricienne d’un futur prometteur en dépit du réchauffement planétaire. Elle donne des conférences dans des amphis bondés, émerveille les jeunes étudiants et ravit les grincheux de l’engagement, soulagés de trouver avec elle de quoi « penser » à nouveau. Il y a de quoi faire. Naomi Klein creuse le même sillon depuis quinze ans : le système capitaliste dont elle décortique les effets délétères sur les hommes, les sociétés et l’environnement. Ses livres se vendent à plusieurs millions d’exemplaires. Le dernier articule brillamment capitalisme et crise climatique, apporte une étonnante note d’espoir tant Klein a confiance dans la force des mouvements sociaux pour tout faire péter ! Là où certains ne voient aucune issue, elle affirme qu’on peut agir, résister, se battre et faire tomber un système économique mortifère qui épuise les hommes et la planète.

Née à Montréal (Canada) en 1970, Naomi Klein est la digne héritière d’une famille féministe, de gauche et contestataire. Elle n’est d’ailleurs canadienne que parce que ses parents ont quitté les États-Unis pour protester contre la guerre du Vietnam. Son grand-père Phil s’est fait virer des studios Disney pour y avoir organisé la première grève en 1941. Même si elle a baigné dans le militantisme, elle a poussé comme une adolescente accro aux centres commerciaux et au shopping. Elle ne s’engage qu’à la fin des années 1990 et publie No Logo à 29 ans. Elle y dénonce les agissements des grandes marques comme Nike ou McDonald’s et décrypte la montée de la résistance à l’hyperconsommation. Avec ces 576 pages traduites en vingt-huit langues, Naomi Klein devient la figure de l’altermondialisme, mais, surtout, une voix qui compte.

... La suite dans Causette #61.

Publié le 28 Octobre 2015
Auteur : Laure Noualhat | Photo : Ed Kashi
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