cinema Publié le 28 Septembre 2015 par Anna Cuxac

Lune de miel en solo pour jeune femme émancipée 28/09/15

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Vous cherchez un film avec bonne humeur, exotisme et caractère bien trempé ? Nous l’avons sous la main.

Larguée deux jours avant son mariage par le falot mais pourtant tête à claques Vijay ! C’est la gifle que se prend Rani (Kangana Ranaut), une jeune Indienne de la classe moyenne. Sa première préoccupation n’est pas de savoir si Vijay a rencontré quelqu’un à Londres, où il a fait ses études, mais bien de devoir annoncer l’annulation des festivités – déjà commencées – à ses parents, et à la grande cohorte de la famille et des invités. Queen, puisque c’est ainsi que son bellâtre l’a surnommée, sait faire face au désastre, et mieux encore : elle ne renonce pas au voyage de noces à Paris, à Amsterdam et… part seule, sac au dos, à la conquête de l’Europe.

Ce film réalisé par l’Indien Vikas Bahl a connu un grand succès à sa sortie dans son pays en 2014 et déboule sur nos écrans grâce à la passion d’un homme pour le cinéma de Bollywood, Agilane Pajaniradja. Nous vous parlions, dans Causette #31, de son projet fou qui s’apparente d’ailleurs à un sacerdoce : décloisonner ce cinéma, le délester des clichés de l’œil européen et nous le faire aimer. Alors, forcément, quand il appelé la rédaction pour annoncer la diffusion d’un film « assez Causette », on s’est plongé dedans avec gourmandise. Et le ravissement a été au rendez-vous : qu’il est rafraîchissant d’embarquer dans un voyage initiatique qui n’est pas entrepris par une baba française au pays de Gandhi et des vaches sacrées, mais par une Indienne déterminée sur nos rues pavées ! Sans se départir des scènes musicales dont les Indiens sont friands, ni de la comédie, Queen renverse les paradigmes et porte un idéal d’émancipation pour les femmes indiennes : accomplissez-vous et soyez heureuse avec vous-mêmes avant tout chose.

De passage à Paris, la talentueuse Kangana Ranaut, star dans son pays, raconte d’ailleurs que le personnage de Queen « a inspiré beaucoup de familles indiennes, qui se sont identifiées à la modernité du propos ». Kangana Ranaut est devenue, un peu malgré elle, l’icône d’un cinéma indien « non conventionnel » qui fait réfléchir autant qu’il divertit (Fashion, Tanu Weds Manu…). Elle était pourtant partie pour réussir « dans les productions standard et populaires de Bollywood » – chant, danse et paillette – et sans dimension sociale ou politique. Mais puisque ces rôles-là ne lui ont pas été proposés, Kangana Ranaut est allée chercher le succès avec des rôles de « femmes fortes », quitte à vexer certains acteurs à qui elle vole la vedette : « Dans ce pays, les hommes peuvent perdre rapidement confiance en eux si d’autres autour obtiennent plus d’attention. » Pas de quoi l’arrêter : comme Rani armée de son indépendance, Kangana Ranaut a déjà appris du haut de ses 28 ans qu’« on ne vit pour personne d’autre que soi-même ».

-- Queen, de Vikas Bahl. Avec Kangana Ranaut et Rajkummar Rao. En salles.

Publié le 28 Septembre 2015
Auteur : Anna Cuxac
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