Grand Reportage Publié le 14 Mai 2010 par Leïla Minano (en Haïti) et Lou Marrannes

Adoption en Haïti Le mystère de Simon, arnaques et pognon

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Après le séisme du 12janvier, les drames de l'adoption haïtienne se sont affichés partout. De la misère des enfants à la détresse des futurs parents, en passant par les revirements du gouvernement français, c'est avec beaucoup d'émotion qu'on a traité la question. Les familles ont-elles confondu humanitaire et adoption ? L'État est-il coupable de non-assistance à enfants en danger ? Accélérer les procédures d'adoption vers la France ou les stopper - pour éviter les trafics - que fallait-il faire ? Sincèrement, après une enquête approfondie, Causette n'a pas réussi à trancher. La seule certitude, c'est que dans ce chaos, ces enfants sont les plus vulnérables. La tête à peu près froide, de Port-au-Prince à Paris, Causette revient sur quatre mois de confusion.

C'est une histoire exemplaire : Simon, 3 ans, en cours d'adoption par un couple de Français1 au moment du séisme, serait « mort, faute de soins, le 18 mars, à l'hôpital de Pétionville des suites d'une infection pulmonaire ». Voilà ce qu'on a pu lire dans les journaux sur ce qui est devenu « l'affaire du Petit Simon ». Mais comment en être sûr ? Il n'y a pas de vrai certificat de décès (celui délivré ayant été reconnu comme un faux), pas d'acte d'inhumation... Quant au procès-verbal de l'enquête haïtienne, - dont Causette a eu lecture exclusive -, les gendarmes français y révèlent des témoignages très contradictoires sur ce « décès ». Et si le petit Simon n'était pas mort ? Et s'il n'avait jamais été hospitalisé ? Et s'il ne s'appelait pas Simon, mais Simon-Jephté ? Autant d'interrogations autour de la disparition de ce petit Haïtien, devenu, en France, le symbole du combat pour l'accélération du rapatriement des enfants adoptés.

 

Une seule certitude demeure: le garçon a disparu du Cœur de Marie, l'orphelinat où il se trouvait depuis deux ans. « L'affaire du petit Simon » est à l'image de ce qu'il se passe en Haïti depuis le 12janvier: le chaos du séisme, des erreurs politiques, des arnaques, des victimes, parents et enfants, et de l'émotion. Beaucoup d'émotion. C'est aussi une partie de la réponse à la question que tout le monde se pose: la France aurait-elle dû rapatrier tous les enfants adoptés ? Et par là, porte-t-elle la responsabilité de la disparition du petit Simon-Jephté ?

 

...à lire dans Causette #8...

 

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Publié le 14 Mai 2010
Auteur : Leïla Minano (en Haïti) et Lou Marrannes | Photo : Corentin Fohlen
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