La copine de Causette Publié le 28 Septembre 2015 par Propos recueillis par Laure Noualhat

L’optimisme durable Anne-Sophie Novel

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À l’occasion de la Conférence sur le climat qui se déroulera à Paris fin novembre, cette activiste va ouvrir un lieu dédié aux nouveaux médias et aux alternatives baptisé Place to b (dont Causette est partenaire). Elle en est persuadée : le monde de demain se construira ensemble, tout de suite, sans attendre les molles décisions des gros raouts onusiens.

Avec sa petite robe verte, ses faux airs de Glen Close et son sourire 100 000 watts, Anne-Sophie Novel incarne à merveille une écologie 2.0, non vindicative, ni puni- tive ou catastrophiste, une écologie qui ne veut pas seulement dénoncer, mais construire un autre monde sur les cendres de celui qui meurt. « Inutile, prévient-elle sur son blog, d’avaler des graines, de bouffer des insectes, de faire du vélo sans déo et de cultiver le look cheveux gras. Cette perception biaisée des alternatives est aussi dépassée que le monde qui s’écroule devant nous. » Entendu. La belle préfère les cantines bio, les réseaux sociaux et les alternatives enthousiasmantes.

Économiste de formation (elle a mené une thèse sur l’économie du terrorisme, cherchez l’erreur !), elle est tombée dans la marmite associative dès 1999, lors des mobilisations altermondialistes de Seattle (aux États-Unis). Elle a, depuis, alimenté plusieurs blogs, notamment sur le site du quotidien Le Monde, puis créé Écolo-info en 2007, une « barre d’outils collaborative » qui donne accès aux sites d’informations sur l’écologie et le développement durable. SoAnn – c’est son pseudo sur la Toile – est désormais journaliste, blogueuse, conférencière, auteure, formatrice... c’est-à-dire beaucoup de choses à la fois. C’est le lot d’une époque où Internet est devenu le tuyau principal de l’information, de la connaissance, des échanges et des mobilisations.

Son dada, c’est la collaboration, elle y a consacré deux ouvrages (La Vie share mode d’emploi, en 2013, et Vive la corévoluion ! Pour une société collaborative, l’année précédente). Elle a accepté l’exercice de l’interview à condition d’insister sur le fait qu’elle n’entreprend rien seule. Il y a derrière cette comète une nébuleuse de bénévoles (mais pas que !), de chargés de missions, d’entrepreneurs, tous portés par la conviction qu’il faut vite planter les graines du changement dans les cerveaux de nos contemporains, des plus jeunes aux plus rétifs. Son dernier bébé, un lieu dédié aux activistes 2.0 de l’environnement qui s’appelle Place to B (parce que c’est là qu’il faudra être durant la COP), est né de la cogitation de tout son réseau de « conspirateurs positifs », comme ils s’appellent. Sa devise : ne jamais refaire ce que d’autres font déjà très bien. « Anne-So a toujours créé des choses pour, par et avec une communauté de gens unis par une même vision, une même envie. Elle parvient toujours à trouver les spécificités des uns et des autres et à laisser s’installer des synergies. Je dirais même que c’est instinctif chez elle », raconte son amie Isabelle Delannoy, blogueuse et spécialiste de la nouvelle économie. Anne-Sophie, ferment des bonnes énergies ?

Cette suractive, partagée entre le désir de vivre doucement (slow) et la certitude qu’il faut agir maintenant, a trouvé le temps de faire une petite fille et d’épouser son compagnon, qui se prépare aux régionales pour le compte d’EELV. Après la COP, elle ne rêve que d’une chose : recharger ses batteries. On le sait : certaines énergies sont renouvelables à l’infini.

Causette : À l’approche de la Conférence sur le climat à Paris (la fameuse COP21), tout le monde parle d’écologie. Mais en dehors de ce type d’événement, le soufflé retombe toujours. Pourquoi la mayonnaise ne prend pas ?

Anne-Sophie Novel : C’est un sujet très angoissant, sur lequel chacun se sent impuissant. Mais il n’y a pas que ça : le bain de culture dans lequel nous patau- geons n’est pas adapté aux défis du siècle. Où sont les films, les dessins animés, les graines qui pourraient germer dans les cerveaux des plus jeunes ? Je préfère ne pas trop attendre du processus onusien. Les États se dédouanent d’avance, les engagements sont très mous pour l’instant. J’attends plutôt de voir émerger quelque chose d’inattendu dans la société civile. À voir les derniers sondages sur l’évolution des comportements responsables, ce qui fonctionne, ce sont des comportements de débrouille, le do it yourself (« fais-le toi-même »), les procédés collaboratifs comme le covoiturage, le prêt, les circuits courts dans l’alimentation...

... La suite dans Causette #60.

Publié le 28 Septembre 2015
Auteur : Propos recueillis par Laure Noualhat
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