Politique Publié le 26 Août 2015 par Virginie Roels

Élisabeth Guigou Dans la peau de l’animal

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Que se passe-t-il dans la tête d’une femme politique ? Comment s’est-elle construite, comment imagine-t-elle son image ? Interview subjective et ressentie, confessions de la femme politique sur les ressorts de sa personnalité.

Jeune garde de François Mitterrand, Elisabeth Guigou a construit son identité politique en essayant de faire oublier qu’elle est une femme, tout en tentant de le rester. Pour cela, elle a dû encaisser quelques coups et apprendre à en panser les plaies. La rigueur de Mitterrand ? Le départ de Jospin ? Elle était aux premières loges. Chantre de la realpolitik, les yeux dans les yeux, elle la prône et l’assume.

Causette : L’événement qui vous a éveillée à la politique ?

Elisabeth guigou : Au moment de la décolonisation, j’étais lycéenne, je vivais au Maroc, née de parents pieds-noirs du Maroc et de grands-parents pieds-noirs d’Algérie. Pour ma famille, la question de l’indépendance était douloureuse, c’était l’angoisse du lendemain, celle d’être obligé de revenir en France, de tout recommencer de zéro. Cela aurait dû me conduire à être « contre » la décolonisation, mais j’avais lu Le Journal d’Anne Frank, j’ai découvert ce qu’avait été la compromission de certains Français sur l’Occupation. J’ai construit mon engagement sur cette idée de respect, d’autonomie, d’indépen- dance des gens, et sur le refus de ce que peut représenter la torture et toutes les formes de domination de ceux qui se croient supérieurs aux autres, et qui fondent, là-dessus, un système fait pour eux.

Un modèle en politique ?

E. G. : J’ai toujours recherché des figures féminines, et plutôt dans l’univers littéraire, comme la philosophe Simone Weil ou Simone de Beauvoir. À 16 ans, j’avais envie de secouer cette société conservatrice et réactionnaire. Je voulais devenir diplomate, pensant qu’ainsi j’aurais une chance d’agir sur le cours des événements. C’est pour cela que j’ai voulu faire Sciences Po et l’ENA.

... La suite dans Causette #59.

Publié le 26 Août 2015
Auteur : Virginie Roels
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