Reportages Publié le 26 Août 2015 par Anaïs Cognac

Réfugié(e)s car homosexuel(le)s

blog post image

Ce sont des histoires d’une époque qu’on aimerait révolue. Des histoires qui n’atteignent nos frontières qu’au terme d’un long parcours d’errance, de violences et de déni. Ahmad, Raza, Madina et Silva sont pakistanais, ougandais, arméniens. Ils sont aussi homosexuels. et pour ça, ils ont dû fuir leur pays et demander l’asile en France.

ils sont une trentaine, seuls, en rang, devant le centre LGBT de la rue Beaubourg, à Paris. Des visages mats, ébène, des regards lointains, des corps impatients, d’hommes surtout, et de femmes, jeunes, parfois très jeunes. Sous un bras, une chemise en car- ton qu’ils tiennent bien serrée. Dedans se trouvent les quelques documents administratifs qui résument leur courte vie en France. Deux mois, six mois, parfois un an pour les plus mal renseignés qui se seront hâtés dans de vaines directions. Ce matin d’octobre, ils viennent tenter leur chance à la permanence mensuelle de l’Association pour la reconnaissance des droits des per- sonnes homosexuelles et transsexuelles à l’immigration et au séjour (Ardhis), qui accueille tous les mois une vingtaine de nouveaux venus, des demandeurs d’asile persécutés dans leur pays pour le seul fait d’être homosexuel. À l’intérieur, ils font connaissance avec les bénévoles de l’association qui les aideront à écrire le récit de leur vie, celui qu’ils présenteront devant les instances chargées de statuer sur leur sort. Les référents les aiguillent, les rassurent, les réunissent, aussi, pour rompre l’isolement dans lequel ils se sont souvent retranchés. Ils les accompagnent pendant ces longs mois d’attente, ces années même, jusqu’à l’obtention du statut de réfugié ou l’épuisement de toutes les voies de recours.

... La suite dans Causette #59.

Publié le 26 Août 2015
Auteur : Anaïs Cognac | Photo : Julien Pebrel / MYOP
1875 vues | 0 commentaire

Déposez votre commentaire
J'aime Causette