Media Publié le 02 Juillet 2015 par Liliane Roudière

Deux-trois mots à la presse 02/07/15

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De la part de notre rédactrice en chef. Nous reproduisons ici un droit de réponse de notre rédactrice en chef, envoyé aux Inrockuptibles après leur article sur un procès opposant la société Causette et une ex-employée. Ledit article relayait de fausses informations sur le calendrier de la procédure judiciaire.

Comment dire ? Pourrait-on lâcher le Minou à Causette ? Nous sommes en redressement judiciaire, nous sommes inquiets, malgré d’excellentes ventes, nous travaillons dur et nous adorons toutes et tous notre métier. Nous avons une liberté rédactionnelle TOTALE et ça, aujourd’hui, c’est plutôt rare. C’est pour cela que nous nous battons.

Nous avons traversé une crise très violente. Une crise de croissance. D’une grande cruauté et TOUS les membres de l’équipe en ont beaucoup, beaucoup souffert. Quel que soit le poste qu’on occupait, quelle qu’ait été notre position dans le conflit qui nous a opposés.

Cette crise n’est pas arrivée par hasard, elle est le fruit d’un manque de management et de gestion total. L’état des finances aujourd’hui le confirme. Et je nous désigne tous comme responsables. Pendant les premières années (Causette est sortie pour la première fois le 8 mars 2009), on était une bande de potes, un groupe de rock, qui décide de participer à une aventure : monter un mag féminin différent. En cela, vous connaissez notre ligne à présent, un féminin sans cellulite et sans ragots, avec des enquêtes, du reportage, des portraits et un ton totalement libre. Nous avons pris ce projet à bras le corps, nous y avons passé nos jours, nos nuits, nos week-ends. On avançait à l’instinct. A l’arrache. Nous y avons cru à l’époque. Et au fond, il nous a semblé qu’on avait eu raison : le succès était là, mais plus gratifiant encore le rapport que nous entretenions avec nos lectrices était formidable (il l’est toujours). Et quand on ne travaillait pas ensemble et bien, pour la plupart, nous restions ensemble quand même : nous prenions des verres, passions des réveillons ensemble, des dîners, nous dansions, chantions, rions, ou pleurions parfois… mais ensemble. Et on bossait, bossait… Ce que nous avions créé grandissait trop vite. C’était une spirale totale. Cela nous a dévorés.

On a donc atteint logiquement, selon le principe de Peter, notre seuil d’incompétence. Les moyens dont nous disposions ne permettaient plus de nourrir Causette. Si gourmande ! La fatigue physique, psychique s’est installée. Le manque de repères est devenu insupportable. Et chacun l’a exprimé comme il a pu. Nous n’avons pas réussi à nous entendre et alors ça a splitté. Violemment. L’inspection du travail a été contactée, les syndicats et là… tout a basculé. Nous avons perdu nos prénoms, nous avons été divisés en salariés, DP, direction, rédaction en chef... Tout est devenu formel. Comme dans chaque groupe humain, la chimie n’était pas toute pure. Tout le monde ne se battait pas pour les mêmes raisons. Nous sommes tous des êtres humains, donc complexes.

Ce que je peux dire c’est que, malgré cette crise, le journal existe toujours et son esprit demeure à 100 %. Et le goût d’y être aussi. Pour les anciens comme pour les nouveaux. Et c’est bien de cette équipe dont je veux parler. Sachez que, quand vous salissez Causette avec autant d’ardeur, c’est chacun d’entre nous que vous salissez. Ainsi que tous les journalistes et collaborateurs qui travaillent pour Causette. Ce sont nos rires que vous interrompez. Notre travail. Notre engagement. On ne mérite pas ça. N’y a-t-il pas d’autres actus plus urgentes que vous nous ressortiez toujours les mêmes deux ou trois papiers du congélo ?

Quant au procès aux prudhommes d’Anne-Laure Pineau, (le jugement a été rendu le 3 mars 2015 et non le 29 juin comme vous le dites), nous avons fait appel. S’il vous plaît, laissez-nous travailler. J’espère que vous m’aurez comprise.

Et je vous en remercie.

Liliane Roudière Rédactrice en chef du magazine Causette

PS : Je précise que jamais aucun journaliste ne m’a appelée pour parler de ce conflit : je trouve cela étonnant. Je suis là depuis le début et même avant : ma parole vaut-elle si peu ? Je vous le dis : vous me contactez quand vous voulez. Vous êtes aussi les bienvenus à la rédaction. Ça, on l’a aussi proposé plusieurs fois, mais en vain. Mon mail est ici : liliane@causette.fr

Publié le 02 Juillet 2015
Auteur : Liliane Roudière
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