Politique Publié le 30 Juin 2015 par Juliette Plagnet

Un coup d’épée dans l’eau

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Officiellement, les troupes armées françaises mènent une guerre efficace contre le djihadisme dans six pays. Officieusement, des hommes sur le terrain sont inquiets : absence de stratégie, équipements inadaptés... Une guerre sans fin, tout juste bonne à rassurer l’opinion. révélations.

Le in

« La France est en guerre contre le terrorisme. » Manuel Valls, quelques jours après les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher, s’exprimait avec ferveur à l’Assemblée nationale : « À une situation exceptionnelle doivent répondre des mesures exceptionnelles. » Mais les mesures exceptionnelles n’ont pas attendu les frères Kouachi : deux opérations militaires distinctes, au Sahel et en Irak, matérialisent cette « guerre » contre le djihadisme, auxquelles est venue s’ajouter la mission Sentinelle, en France, le 12 janvier 2015. L’opération Barkhane, lancée au Sahel le 1er août 2014, a pris le relais après la « victoire » des forces françaises au Mali : de la Mauritanie au Tchad, trois mille à quatre mille soldats français veillent au grain afin d’empêcher les groupes djihadistes de mettre la main sur les flux commerciaux et de reconstruire des bases. Concrètement : surveillance des routes et des points clés de passage des convois, et chasse aux chefs islamistes. L’état-major français, qui collabore avec les pays du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad), publiait fin décembre un bilan de l’opération : « Une soixantaine de terroristes ont déjà été neutralisés », « près de trois tonnes d’armement terroriste ont été interceptées » et « la présence permanente des forces à terre [...] permettent, depuis le 1er août, de maintenir la pression et l’incertitude chez les groupes armés terroristes. » L’autre action contre les djihadistes se situe en Irak. C’est l’opération Chammal, qui mobilise, depuis septembre 2014, sept cents militaires pour le « soutien aérien aux forces irakiennes dans une lutte contre le groupe terroriste autoproclamé Daech ». Le troisième volet de la lutte contre le terrorisme : l’opé- ration Sentinelle. Depuis janvier, dix mille soldats patrouillent en continu dans toute la France pour renforcer la sécurité. Trois opérations militaires, trois contextes différents, pour un objectif : mener la guerre contre l’emprise et les méthodes des groupes armés djihadistes.

Le off

« il n’y a pas de stratégie. » Celui qui l’affirme n’est autre que le colonel Michel Goya, ancien conseiller auprès du chef d’état- major des armées entre 2007 et 2009, et il est catégorique : « C’est un empilement d’actions, comme une gesticulation, mais sans vision stratégique. C’est à la fois dispersé et non cohérent. »

... La suite dans Causette #58.

Publié le 30 Juin 2015
Auteur : Juliette Plagnet | Photo : La Graphique.com
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