La cabine d'effeuillage Publié le 14 Décembre 2009 par Bérangère PORTALIER

Samuel Benchetrit Le bon, la brute & le gangster

blog post image

De l'asphalte brûlant s'évaporent de petits tourbillons d'humidité. Ne manque plus que le cri d'un coyote dans la vaste plaine. Samuel Benchetrit est arrivé sur sa moto, a enlevé son casque, n'a pas secoué les cheveux (pas le genre). Loin de la rentrée littéraire qui agite le tout-Paris, l'écrivain a accepté de nous faire le coup de la panne sur une petite route du Gard. Histoire de perdre tranquillement notre après-midi à tailler le bout de gras, et de profiter de la douceur de vivre à la campagne. Histoire aussi de nous parler de son roman, Le Cœur en dehors, sorti le 18août chez Grasset.

Oublié Clint Eastwood, le cow-boy de papa. Les gangsters modernes chevauchent des Triumph et leur cœur s'envole sur leurs biceps tatoués. « J'en ai partout, des tatouages. C'est vieux, des noms, des fiancées. J'ai habité un peu en Polynésie et, là-bas, on se tatoue en prenant le café le matin. C'est n'importe quoi. » Impression de calme avant une tempête, ou encore d'une mer d'huile qui cacherait de terribles courants marins. Samuel Benchetrit est bien présent, attentif, mais son regard trahit une tension qui pourrait être soudainement déchaînée. La rentrée littéraire, ça fait une belle jambe à un cow-boy ! Il ne perdra pas son temps en courbettes, énonce toutes les interviews qu'il a déjà refusées. Si nous sommes ici, c'est parce qu'il a senti que le courant pourrait passer, mais si on l'emmerde trop, c'est sûr, il rentrera tout seul jusqu'à son ranch, nous plantant là, sur l'asphalte brûlant.« C'est ici que je vis maintenant. Le temps ne s'écoule pas de la même façon ici. Moi, j'aime beaucoup la nature, et j'aime de plus en plus être un peu seul. Je trouve que je perds beaucoup mon temps à Paris. J'ai des rendez-vous qui ne servent à rien, et après je me dis: mais pourquoi? J'aurai préféré arroser. Ce n'est pas pour faire le petit vieux ou le solitaire, mais c'est vraiment un rythme de vie qui me convient mieux, ici. J'ai beaucoup plus de temps pour voir les gens, faire des trucs avec mes petits, et bien respirer, parce que j'ai des problèmes d'asthme. Vous voyez, je me soigne (Il tire une bouffée de sa cigarette. En fait, dans le projet des Chroniques de l'asphalte, j'aimerais que ça vienne jusqu'ici. J'aimerais finir par écrire des histoires du Gard. »

 

... la suite dans Causette#4 ...

 

ShareFB

 

Publié le 14 Décembre 2009
Auteur : Bérangère PORTALIER | Photo : Christophe MEIREIS
7374 vues | 0 commentaire

Déposez votre commentaire
J'aime Causette