Politique Publié le 15 Avril 2015 par Anna Cuxac

Soutien aux « filles de Chibok » à Paris 14/04/15

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Un an après l’enlèvement de 276 lycéennes par les terroristes de Boko Haram, au Nigéria, la plupart d’entre elles sont toujours introuvables. Un rassemblement de soutien, reprenant le mot dièse #BringBackOurGirls, a mobilisé une cinquantaine de personnes mardi 14 avril, à Paris.

219 des 276 lycéennes restent introuvables, un an jour pour jour après avoir été enlevées dans leur lycée de Chibok, dans le nord du Nigéria, par la secte Boko Haram. Que sont-elles devenues ? Ont-elles été tuées dans les combats entre l’armée nigériane et Boko Haram, dans la ville de Bama, début janvier, comme le suggérait un journal nigérian début avril ? Sont-elles toujours en vie, converties à l’islam de force – pour celles qui ne sont pas musulmanes ? Mariées à des combattants ou vendues comme esclaves sur les marchés, comme l’avait promis Abubakar Shekau, le chef de Boko Haram ?

Muhammadu Buhari, élu président du pays le 28 mars 2015, a fait part de son pessimisme sur la possibilité de retrouver ces jeunes filles, âgées de 12 à 17 ans, malgré les moyens déployés par son armée, ou encore les images des drones américains : « Nous ne savons pas si les filles de Chibok peuvent être secourues. Leur localisation reste inconnue. J’aimerais beaucoup pouvoir le faire, mais je ne peux pas promettre de les retrouver. » Un aveu d’impuissance face à une armée d’hommes sanguinaires, lancés dans une guérilla destructrice pour les civils.

À 13 heures ce mardi 14 avril, sur le Champ-de-Mars à Paris, comme ailleurs dans le monde, une cinquantaine de citoyens et de membres d’associations ont manifesté vêtus de rouge, en soutien à ces jeunes femmes. Ils ont fait revivre le mot dièse #BringBackOurGirls, qui s’était propagé des milliers de fois sur la Toile il y a un an, la contribution de Michelle Obama sonnant comme l’apogée de la mobilisation.

À Paris ce mardi, sous un soleil de plomb, c’est une autre première dame qui a phagocyté l’attention médiatique : avec son tee-shirt « Bring back our girls » « lavé plusieurs fois depuis un an » et ses lunettes noires, Valérie Trierweiler était, comme l’année dernière, présente pour témoigner de son soutien.

On surprend à la volée une conversation entre une manifestante et la journaliste d’une radio-pas-en-grève : « Mais vous pourriez interviewer Capucine Nielly, qui a organisé le rassemblement, quand même. – Oui, bien sûr, mais il me faut absolument Trierweiler. Je respecte les ordres, vous savez. » Capucine Nielly, c’est cette jeune femme qui ne doit pas avoir 30 ans et à qui est venue l’idée de mobiliser les Parisiens aujourd’hui. Elle « travaille au quai Branly et n’a jamais été militante pour quoi que ce soit », explique-t-elle à la presse. Mais, le 8 février 2015, la jeune prix Nobel de la paix Malala Yousafzaï évoque dans la presse les 300 jours du rapt des jeunes filles. « Ce chiffre de 300 jours m’a interpelée, je l’ai trouvé dingue, et j’ai voulu m’impliquer, à mon niveau, pour que le silence ne soit pas fait sur leur sort. »

Avec le micro : Capucine Nielly.

Dans les rangs des militants, Emmanuel Abramowicz, membre du Mouvement pour la paix et contre le terrorisme (MPCT), passablement remonté contre l’ambassadeur du Nigéria à Paris : « Nous l’avons convaincu de nous rencontrer le 10 avril pour évoquer la disparition des jeunes filles de Chibok, et il n’a pas semblé très réceptif à notre combat. Peut-être est-ce parce qu’il ne peut pas se permettre de parler puisqu’un nouveau président vient d’arriver au pouvoir. Mais aujourd’hui, il n’est pas à nos côtés. »

La manifestation prend fin au bout d’une demi-heure. On ne l’a pas vue arriver, mais Frigide Barjot s’est glissée à côté des manifestants et se fait photographier. Imperturbables, la plupart des touristes semblent n’avoir rien remarqué et brandissent leurs perches à selfies pour se photographier avec la tour Eiffel.

Publié le 15 Avril 2015
Auteur : Anna Cuxac | Photo : A.C.
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