Culture Publié le 24 Mars 2015 par Sigolène Vinson

La vague qui fait des vagues Camille Claudel

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Voilà une Vague qui, en passant de l’onyx au bronze, aura fait bien des vagues ! Alors, originaux ? reproductions ? A-t-on porté atteinte à l’intégrité de l’oeuvre et à la volonté de la sculptrice ? Justement, la question est bien là : comment savoir quelles étaient les intentions de Camille Claudel ? La justice a en partie répondu en tranchant en faveur de Reine-Marie Paris, sa petite-nièce. Dont acte.

Au mois de novembre dernier déferlait sur la salle d’audience de la 31e chambre du tribunal correctionnel de Paris une vague de bronze. Au creux du rouleau, trois petites baigneuses attendaient d’être éclaboussées. Si elles n’avaient pas été faites de métal, leurs gloussements de peur feinte auraient pu se répercuter sur les lambris du palais de justice. Mais en dehors d’elles, personne n’avait vraiment le coeur à rire. Dans la salle, Reine-Marie Paris, petite-fille de Paul Claudel et petite-nièce de Camille Claudel, poursuivie par ses cousines et cousins germains pour contrefaçon de deux sculptures de Camille Claudel, La Vague et La Valse. Seule la première de ces deux oeuvres était exposée aux yeux du public et des magistrats. De tout temps, au sein de la famille, la gaieté juvénile des petites baigneuses a cristallisé les envies et les rancoeurs, bien plus que l’autre sculpture, aux deux corps adultes enlacés. Trois mois après le procès, Reine-Marie Paris est assise, droite et digne, dans une pièce de son appartement, où trônent de nombreuses sculptures, du bronze à la terre cuite : La Valse, La Petite Châtelaine, Les Causeuses, Femme accroupie… Elle soupire au souvenir des jours passés devant les juges qui l’ont finalement relaxée. Avec passion et douceur, elle raconte l’histoire de La Vague.

 

... La suite dans Causette #55.

Publié le 24 Mars 2015
Auteur : Sigolène Vinson | Photo : Nicola Lo Calzo pour Causette
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