Reportages Publié le 24 Mars 2015 par Dimiter Kenarov, traduction Iris Deroeux

Le tsar du théâtre Reportage Crimée

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Alors que la communauté internationale ne reconnaît toujours pas le référendum qui rattache la Crimée à la Russie, “Causette” propose d’entendre l’éclairage sans nuances d’une figure de la Crimée prorusse, le patron du Théâtre Gorki, défenseur lyrique de l’âme russe. Sans perdre de vue que la Crimée, c’est aussi le pays des Tatars et de leur culture effacée.

Le Théâtre dramatique académique russe de Crimée (aussi appelé Théâtre Gorki) est un imposant bâtiment gris néoclassique. À l’intersection des rues Pouchkine et Gorki, à Simferopol, capitale de la Crimée, à deux pas du Parlement. Avec ses six scènes de tailles différentes, ses salles de bal aux plafonds ornés de fresques et de lustres en cristal, ses escaliers de marbre et ses couloirs couverts de tableaux, il n’a rien à envier à un palais royal ou présidentiel. Il pourrait aussi bien en être un, puisqu’il est également soumis à la volonté d’un seul homme, le directeur de théâtre Anatoly Novikov. « J’aime m’imposer », déclare Novikov, assis derrière un immense bureau, dans l’appartement qu’il occupe à l’intérieur du théâtre. « Il faut être le meilleur, sinon vous n’êtes rien d’autre qu’un protoplasme se laissant porter par le courant. » Vêtu d’un veston croisé vert foncé, d’une cravate violette retenue par une épingle en or, à 87 ans, il dégage un air d’autorité indéniable. « La vie d’un homme ne dure que le temps d’un battement de cil, tandis que le théâtre est là depuis trois mille ans, poursuit-il. Les chefs, les sommités, les empereurs, les États vont et viennent, mais le théâtre survit. »

 

... La suite dans Causette #55.

Publié le 24 Mars 2015
Auteur : Dimiter Kenarov, traduction Iris Deroeux | Photo : Boryana Katsarova/ Pulitzer Center/Cosmos
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