CABINET DE CURIOSITE Publié le 24 Mars 2015 par Nathalie Cattaruzza

La mystique qui parlait aux plantes Hildegarde de Bingen

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Jeanne d’Arc entendait des voix, Hildegarde, elle, avait des visions. Dieu lui révélait ses secrets concernant la nature et ses pouvoirs. Un trésor qu’elle a partagé avec humilité et générosité, pour guérir ou pour préconiser une hygiène de vie qu’aujourd’hui encore on reconnaît comme juste et saine. Menant sa vie contemplative de religieuse, elle était aussi musicienne, compositrice et dessinait d’admirables enluminures. À pied ou à cheval, on venait de loin pour la voir, espérant une guérison, la paix de l’âme ou simplement un conseil.

Elles sont extrêmement rares, ces femmes du lointain Moyen Âge occidental dont l’oeuvre résonne encore en 2015. En Allemagne, des pharmacies portent son nom et des livres reprenant ses méthodes pour une alimentation équilibrée font encore un tabac en librairie. Certes, son nom apparaît aujourd’hui sur les linéaires de nos magasins bio pour vendre des tisanes, mais qui, en France, connaît Hildegarde de Bingen, abbesse contemporaine des croisades et de Barberousse, médecin, musicienne (elle a composé plus de soixante-dix symphonies) et écrivaine ?

Longtemps, la vie de Hildegarde s’est limitée à l’espace clos du monastère de Disibodenberg, dans la vallée de la Nahe, en Rhénanie. Il aurait pu en être ainsi jusqu’à la fin. Il en fut tout autrement. La petite fille de 8 ans est confiée à la nonne Jutta, fille du comte de Sponheim, pour suivre une éducation religieuse rigoureuse. Elle a des dispositions particulières. Depuis son plus jeune âge, elle est la proie de visions, de prémonitions et de révélations sur le sens profond des desseins de Dieu. Elle s’en ouvre à Jutta et à Volmar, son directeur de conscience, qui plus tard deviendra son ami, son conseiller et son assistant. La chose sera longtemps gardée secrète. Jutta aime cette enfant si curieuse comme si c’était la sienne. Une fillette qui, au lieu de s’asseoir sur une pierre dans le jardin près du puits, s’installe à même le sol, tout à côté. Et devant l’étonnement de l’adulte, l’enfant répond qu’on ne s’assoit pas sur quelqu’un que l’on aime et avec qui l’on converse.

 

... La suite dans Causette #55.

Publié le 24 Mars 2015
Auteur : Nathalie Cattaruzza | Photo : © Lebrecht Leemage
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