Politique Publié le 24 Mars 2015 par Audrey Lebel

Prison : laissez-les lire

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Brandir les livres contre la radicalisation en prison ? Une bien belle idée en théorie. En pratique, bien que la culture soit pour les détenus un droit fondamental depuis plus de vingt ans, elle reste difficile à mettre en oeuvre, faute de moyens humains et financiers. Décryptage.

« Un détenu shooté est un détenu moins dangereux qu’un détenu cultivé. Celui qui pense et qui cite la loi n’est jamais apprécié. » Christophe de La Condamine, 52 ans dont six passés derrière les barreaux, ne mâche pas ses mots. « Des télés ou des médicaments type Subutex, Noctran, vous allez en avoir à tire-larigot. Des bouquins, beaucoup moins. »

Et pourtant, la culture pour les quelque 66 000 personnes incarcérées en France 2 est un droit fondamental depuis 1992. Le Code de procédure pénale est formel : « Chaque établissement possède une bibliothèque dont les ouvrages sont mis gratuitement à [leur] disposition. » Sauf que, dans les faits, l’accès à la culture en prison, et plus spécialement à la lecture, est complexe, voire décourageant. C’est le constat qu’Antonio 3, 52 ans, dresse de ses dix-huit années d’incarcération. « L’accès varie complètement d’une prison à l’autre. Il n’y a aucune harmonie entre les règlements. Ce qui est autorisé dans l’une est interdit dans l’autre. C’est le directeur qui décide », raconte l’ancien taulard. Résultat : si la plupart des prisons permettent l’accès direct aux bibliothèques une fois par semaine à un horaire précis, c’est parfois bien compliqué d’y mettre les pieds.

 

... La suite dans Causette #55.

 


 

“Ne pas perdre de vue le taux d’illettrisme”

 

La ministre de la Justice a signé, le 12 mars, une convention avec le président de l’Institut du monde arabe, Jack Lang, pour lutter contre la radicalisation en prison. L’enjeu ? Déconstruire les discours erronés sur l’islam et les civilisations arabes. La culture pour combattre l’obscurantisme et les extrémismes est l’une des priorités de Christiane Taubira. Mais avec quels moyens ? Interview.

 

Causette : L’accès à la culture en prison, concrètement, ça donne quoi ?

Christiane Taubira : Je veille, depuis que je suis en poste, à ce que les bibliothèques soient correctement pourvues. Nous avons des conventions avec des mairies qui prêtent des livres, font des dons, ce qui permet un roulement des fonds – sinon, avoir des fonds conséquents coûterait les yeux de la tête. Nous avons aussi des conventions avec le musée du Louvre, le Centre Pompidou, le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), l’Institut du monde arabe, par exemple, qui nous offrent des livres. Il y a aussi des ateliers de lecture et d’écriture dans un certain nombre d’établissements qui réalisent des choses spectaculaires en termes d’animation.

 

... La suite dans Causette #55.

Publié le 24 Mars 2015
Auteur : Audrey Lebel
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