On nous prend pour des quiches Publié le 11 Mars 2015 par Liliane Roudière

Moi, ça me défrise 06/10/14

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C’est un conte de fées moderne. Deux mamans, blanches et blondes, s’aimaient d’amour tendre, mais comment s’y prendre pour que naisse l’enfant de l’amour ? On est en 2012, aux États-Unis : il suffit de faire appel à une banque du sperme et de choisir le monsieur « qui leur ressemble » dans un tube – en l’occurrence un Blanc, blond aux yeux bleus, le numéro 380. Jennifer tombe enceinte. Hosanna ! Elle appelle la banque pour réserver encore un peu de 380 pour sa compagne, Amanda. Et là, toussotement de l’employé au bout du fil : il s’est gouré, il lui a refilé du 330. Le ballot. Et le 330 est… afro-américain ! Malheur ! Depuis cette annonce et malgré un amour « sans condition » pour sa fille, Jennifer souffre. C’est terrible. Tellement terrible qu’elle a porté plainte en septembre dernier. Quand on regarde la jolie petite Payton, aujourd’hui âgée de 2 ans, on se demande bien pourquoi.

 

Élever une métisse est « stressant » : « Jusqu’à la fac, je n’avais jamais rencontré d’Afro-Américains », se justifie la mère. Jennifer et Amanda sont mariées, vivent à Uniontown, dans l’Ohio, où, sur les 2 802 âmes recensées, il n’y a presque que des « Blancs racistes et homophobes ». Jennifer a déjà eu suffisamment de mal à faire accepter son homosexualité. Et s’ajoute à son stress le problème du coiffeur, car Payton a bien sûr les cheveux frisés : « Faire couper les cheveux d’une petite fille n’est pas très stressant pour la plupart des mères », mais Jennifer, elle, « pour avoir une coupe décente », doit se rendre avec son enfant dans un quartier noir, très loin de chez elle et où elle ne se sent pas la bienvenue. Que de galères ! Dans sa plainte, elle affirme faire ce procès pour que « cela n’arrive plus jamais ». Une jolie petite gosse pleine de santé ? Elle ne veut pas que « Payton se sente stigmatisée ou non reconnue simplement à cause des circonstances de sa naissance ». Qui stigmatise qui ? Souhaitons à la petite Payton d’avoir un mental à toute épreuve le jour où elle comprendra que ses mères ont à ce point-là souffert d’avoir à l’accueillir dans leur foyer. Ou que l’argent qu’elles ont gagné pour que cela « n’arrive plus jamais » – elles réclament 50 000 dollars – lui permettra de se payer une bonne thérapie ou un billet d’avion pour quitter l’Ohio. Ou les deux.

Publié le 11 Mars 2015
Auteur : Liliane Roudière
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