Reportages Publié le 23 Février 2015 par Marie Bourreau

Femmes de Kaboul, la liberté en sursis

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Elles sont boxeuses, rappeuses ou graffeuses. Ces Afghanes portent sur leurs épaules un projet de paix et d’émancipation, sous l’oeil réprobateur des conservateurs et des talibans. Et espèrent entraîner toujours plus de jeunes dans leur démarche pacifique.

Pour l’appeler Paradise, il fallait que ses parents aient une sacrée foi en l’avenir d’un pays qui ne ressemble pas vraiment au paradis sur terre pour les jeunes filles. Est-ce la force du prénom qui a renforcé une personnalité déjà singulière ? Toujours est-il que Paradise, 25 ans, a choisi de quitter un confortable exil iranien pour revenir sur sa terre natale et bousculer les milieux conservateurs en important un rap engagé pour le droit des femmes. Dans ses valises, elle a ramené son petit ami, qui a pris pour nom de scène « Diverse » parce que, dit-il, « pour tout le monde, l’Afghanistan est un pays macho, car les droits des femmes sont négligés ». Lui veut être « différent ». Et parce que la diversité est une richesse, Paradise et son ami la chantent sur des mélodies de rap qui prônent la liberté, l’égalité et, si possible, la fraternité dans un pays tribal où les luttes de clans minent la cohésion nationale. Cette liberté de parole n’est pas du goût de tout le monde et leur vaut des menaces régulières. Qu’importe. Les deux rappeurs préfèrent se priver de sorties et continuer à enregistrer leur révolte depuis un studio insoupçonnable, niché dans le quartier de Qala-e-Fatullah, au centre de Kaboul.

 

... La suite dans Causette #54.

Publié le 23 Février 2015
Auteur : Marie Bourreau | Photo : Delphine Renou
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