Corps et Ame Publié le 27 Janvier 2015 par Dorothée Moisan

La Césarienne Sous toutes les coutures

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Devenu (trop ?) banal, l’accouchement par césarienne n’est pourtant pas un acte anodin. Des femmes le réclament, d’autres le maudissent. Des médecins l’encouragent, d’autres le boycottent. Perplexe, “Causette” a passé au crible ce magma d’informations disparates et souvent contradictoires.

« Je suis à huit mois de grossesse et je ne sais toujours pas comment je vais accoucher… Au début du 9e mois, ils vont mesurer mon bassin et c’est là qu’ils vont me dire ce qui va se passer. » L’angoisse affleure dans la voix de Mélanie. Elle a 26 ans, vit en Bretagne et est enceinte de son deuxième enfant. Son premier, elle l’a eu par césarienne il y a deux ans, dans l’Hérault. En urgence, car sa petite fille, lui a-t‑on dit alors, était « en souffrance ». « C’est là, déplore la jeune maman, que je me suis aperçue que nous, les femmes, on n’était pas au courant… » Les termes sont plus tranchants qu’un scalpel, échos d’un traumatisme aussi aigu qu’indélébile : « Je me suis sentie comme une vache sur une table de boucher en train d’être dépecée. On ne vous dit pas qu’il va faire très froid, que vous allez claquer des dents, avoir les bras attachés et que, malgré la péridurale, vous allez sentir la lame qui vous découpe ! » Son compagnon, « mis dehors sans explication à l’annonce de la césarienne », regrette de ne pas avoir vu naître son enfant. À peine rentrée chez elle, Mélanie a décidé de faire un autre enfant : « C’était comme si j’avais raté quelque chose. Fallait que je finisse le travail. »

 

Mélanie n’est pas la seule à être tombée de l’armoire. Combien de femmes savent qu’en France une mère sur cinq enfante par césarienne, et quasiment une sur quatre lorsqu’il s’agit du premier enfant 1 ? Soit deux fois plus qu’il y a trentecinq ans. Les raisons sont multiples : les progrès de la médecine, mais aussi la crainte des poursuites judiciaires, une planification plus commode pour les médecins et les patientes, l’augmentation des grossesses tardives, ainsi que la hausse des naissances multiples engendrées par les techniques de procréation assistée. « Même si la France n’est pas dans le haut de la fourchette de l’OCDE [qui affiche une moyenne de 27 % de césariennes, ndlr], elle présente une forte hétérogénéité en matière de césariennes », observe le ministère de la Santé, qui a noté des écarts allant de 7 % à 44 % d’une maternité à l’autre.

 

... La suite dans Causette #53.

Publié le 27 Janvier 2015
Auteur : Dorothée Moisan | Photo : Julie Balagué/Picturetank
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