La cabine d'effeuillage Publié le 27 Décembre 2014 par Sarah Gandillot

Thiéfaine l’inconsolé

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Quarante ans après ses débuts dans les cabarets de la rue Mouffetard, Hubert-Félix Thiéfaine, chanteur poète, est toujours là. “Stratégie de l’inespoir” est le dix-septième album de cet écorché vif jamais consolé de son enfance, qui remplit des Zéniths avec un public de tous âges. Sans avoir jamais été une star.

L’inespoir. Il n’y a pas formule plus thiéfainienne. Les néologismes, le chanteur les a toujours pratiqués. Ils peuplent ses chansons, qui sont autant de poèmes. Celui-là, il le traîne dans un coin de sa tête depuis les années 2000. « Les mots, ce sont eux qui dirigent, eux qui mènent la danse », dit-il. Celui-là a fait son bonhomme de chemin, jusqu’à devenir le titre du dix-septième album de l’homme délicat et subtil qu’est Hubert-Félix Thiéfaine : Stratégie de l’inespoir (chronique dans Causette #52).

 

Le mot est absent des dictionnaires. Qu’à cela ne tienne. Internet est venu le délivrer, lui rappelant, à lui, grand consommateur de cette substance licite qu’est la littérature, que le terme avait été utilisé par Verlaine et Drieu la Rochelle. « Je l’avais oublié, mais mon inconscient, lui, l’avait retenu. En attendant, je m’en étais fait ma propre définition. Pour moi, il ne s’agit ni de l’espoir, qui est souvent une déception, ni du désespoir, qui est une affliction. L’inespoir est une sorte de no man’s land dans lequel on n’attend rien de l’espoir, mais dans lequel on n’est pas désespéré. » L’explication dit beaucoup de cet homme peu client du bonheur. « C’est pas mon truc. Je ne veux pas m’accrocher à des choses qui vont me décevoir et me rendre malade. »

 

... La suite dans Causette #52.

Publié le 27 Décembre 2014
Auteur : Sarah Gandillot | Photo : Paul Rousteau pour Causette
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