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© Maria Oswalt

Racisme : les enfants, il faut qu'on parle !

Taboues pour les un·es, dou­lou­reuses pour les autres, les ques­tions raciales sont un peu à l’image de la sexua­li­té : un sujet sur lequel on aime­rait accom­pa­gner les enfants, sans tou­jours savoir com­ment s’y prendre. Entre décons­truc­tion des sté­réo­types et confron­ta­tion au racisme, ques­tion­ne­ments et outils pra­tiques, des parents racontent.

Que son enfant mette un jour les pieds dans le plat des ques­tions raciales, elle s’y atten­dait. Qu’elle le fasse si tôt, beau­coup moins. « Notre fille n’a pas encore 3 ans. L’autre jour, alors qu’on se pro­me­nait avec un ami qu’elle connaît bien, elle l’a poin­té du doigt et nous a deman­dé cash : “Pourquoi il a une peau bizarre ?” Notre pote est noir, nous sommes blancs, et fran­che­ment on s’est sen­tis gênés. Pas parce qu’elle nous inter­ro­geait sur une dif­fé­rence visible, mais parce qu’on a eu le sen­ti­ment qu’elle jugeait cette dif­fé­rence néga­ti­ve­ment », confie piteu­se­ment Julie, 34 ans. Chargée de com­mu­ni­ca­tion dans une col­lec­ti­vi­té ter­ri­to­riale, la jeune femme a été d’autant plus trou­blée qu’elle est fami­lière des pro­blé­ma­tiques anti­ra­cistes, sur les­quelles elle tente d’être « une bonne alliée ». « Je lis beau­coup, j’écoute, j’essaie de décons­truire mes propres sté­réo­types et d’élever notre fille en tenant compte de ces ques­tions. Mais visi­ble­ment, ça ne suf­fit pas. Où est-​ce qu’on a mer­dé ? » s’interroge-t-elle avec per­plexi­té, au moment même où les ques­tions raciales ont refait irrup­tion avec fra­cas dans l’actualité fran­çaise.

Sortir du « color blind »

Aussi déran­geante soit-​elle, la situa­tion dans laquelle s’est retrou­vée Julie n’a pour­tant rien d’exceptionnel. Si l’on en croit l’étude publiée en jan­vier 2019 par cinq chercheur·euses· canadien·nes, des enfants âgé·es de seule­ment 4 ans mani­festent déjà des pré­ju­gés racistes et sexistes. Des repré­sen­ta­tions qui, concrè­te­ment, les poussent à consi­dé­rer plus néga­ti­ve­ment les gar­çons noirs. « Ce résul­tat, qui reflète des [biais] pré­sents dans leurs mondes sociaux, a été pré­sen­té à la fois par des enfants blancs et non-​blancs, et n’était pas cor­ré­lé à leur expo­si­tion à la diver­si­té », ont obser­vé les chercheur·euses, qui insistent dans leur étude sur « l’importance de lut­ter contre les pré­ju­gés avant même que les enfants n’atteignent la mater­nelle ». Mais pour ça, rap­pe­lait récem­ment l’une des cher­cheuses, qui a mené l’étude, encore faut-​il en finir avec le color blind (ou color blind­ness) – soit cette pos­ture qui fait dire à cer­tains adultes qu’ils ne « voient pas les cou­leurs ».

Car les enfants, eux, per­çoivent le monde tel qu’il est : en tech­ni­co­lor. « Dès[…]

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