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Cellulite : La fabrique d'un complexe

On la scrute, on la palpe et on la mau­dit. La cel­lu­lite est dia­bo­li­sée depuis un siècle. Entre miso­gy­nie et gros­so­pho­bie, retour sur la nais­sance d’un com­plexe tenace.

112 ceci est mon corps ∏ Marie Boiseau pour Causette
© Marie Boiseau pour Causette

Chaque prin­temps, c’est la même ren­gaine. « J’appréhende le pas­sage au short et au maillot de bain, parce que j’ai de la ‑cel­lu­lite. Alors, à l’approche de l’été, j’essaie de faire plus de sport, je me passe des jets d’eau froide sur le corps et, même si j’ai un peu honte de le dire, je finis presque tou­jours par ache­ter une crème anti-​cellulite », confie Aline, 33 ans, et déjà vingt pas­sés à détes­ter ses ­capi­tons. Une pré­oc­cu­pa­tion plu­tôt com­mune, si l’on en croit les recherches Google sur le mot « cel­lu­lite », qui connaissent sys­té­ma­ti­que­ment un pic au prin­temps. Un com­plexe qui, chez Aline, relève qua­si­ment de l’héritage fami­lial. Sa mère, jeune soixan­te­naire à la sil­houette svelte, l’a encou­ra­gée dès sa pré­ado­les­cence à lut­ter contre la cel­lu­lite : « Une fois qu’elle s’installe, on ne s’en défait plus », prévient-​elle doc­te­ment. Quant à sa grand-​mère, elle s’est bat­tue contre elle toute sa vie. « Je crois que j’ai tout essayé, ou presque. Maintenant, je m’en fiche, mais j’en ai vrai­ment ‑souf­fert », témoigne Colette, 80 ans, plus[…]

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