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© Caroline Tompkins

Témoignages : se retrou­ver après une rupture

Chaque mois, Causette donne la parole à un duo sen­ti­men­tal pour com­prendre com­ment les visions diver­gentes de chacun·e n’empêchent pas (tou­jours) le ménage de tour­ner. Dans cet épi­sode, Quentin et Floriane racontent com­ment il et elle se sont retrouvé·es et vivent leur meilleure vie ensemble, après un an et demi de rupture. 

Floriane

27 ans

« Avec Quentin, on se connaît depuis qu’on a 3 ans et demi. Et on s’est sui­vis jusqu’à nos études, à Grenoble. Petits, on fai­sait du sport ensemble. Mon père se moquait de moi en disant que c’était mon “grand ami, pas encore petit ami“… On s’est mis ensemble en ter­mi­nale. Après trois ans, j’ai pris la déci­sion la plus dif­fi­cile de ma vie : le quit­ter. Cela cor­res­pon­dait au moment du divorce de mes parents, qui m’a beau­coup per­tur­bée. Je trou­vais qu’il ne m’avait pas assez sou­te­nue dans cette période dif­fi­cile. On avait aus­si atteint un stade où notre rela­tion n’évoluait pas. C’était un peu enfan­tin, on était très fusion­nels. Il ne l’avait pas vu venir. Sûrement à cause d’un défaut de com­mu­ni­ca­tion. On a conti­nué à s’écrire un peu. Puis je suis par­tie vivre à l’étranger. J’ai cou­pé les ponts. J’avais besoin de me prou­ver des choses : j’ai ren­con­tré des gar­çons, j’ai fait la fête, je me suis libé­rée… Pendant ce temps, il n’était plus dans mon esprit.

Une fois ren­trée, après un an et quelques, c’est moi qui lui ai réécrit. En le voyant, je l’ai trou­vé moins pou­pon, plus indé­pen­dant. Ça a piqué ma curio­si­té. On s’est vus de plus en plus sou­vent, au parc, l’après-midi. Un soir, il m’a invi­tée chez lui et m’a dit qu’il vou­lait qu’on se remette ensemble. Au début, je n’étais pas chaude. On s’est mis autour de la table pour dis­cu­ter : com­prendre pour­quoi la notion de couple était impor­tante pour lui, pour­quoi j’avais plu­tôt envie d’une rela­tion libre… Il n’y a pas eu de déci­sion. Ni de bilan sur notre pas­sé et ce qu’il ne fal­lait plus faire, ni de culpa­bi­li­sa­tion. Il ne m’a rien repro­ché. On a vécu cet entre-​deux pen­dant six, sept mois. Je me posais encore quelques ques­tions du type : “Est-​ce que cette fois, je pour­rai comp­ter sur Quentin dans une période difficile ?“

Un concours de cir­cons­tances a fait que plu­sieurs de mes crushs se sont retrou­vés avec Quentin à une soi­rée. Quand je les ai vus, le choix était clair en mon for inté­rieur : “C’est Quentin que je veux, je m’en fous du reste.“ 

Ça fait plus de quatre ans. On vit ensemble et on va se marier. Avant, on savait tout de l’autre. Maintenant, on sait qu’on a des espaces de liber­té. Quand on s’était sépa­rés, Quentin m’avait dit qu’il y avait quelque chose de magique entre nous. Le plus beau, c’est de se rendre compte qu’on a su retrou­ver ça après les épreuves. » 

Quentin

27 ans

« On reve­nait d’une semaine aux Pays-​Bas. Le len­de­main, en se pro­me­nant, elle m’a annon­cé qu’elle vou­lait arrê­ter. Je m’attendais à tout sauf à ça. Le sujet majeur était la sépa­ra­tion de ses parents. J’avais le sen­ti­ment de faire du mieux que je pou­vais pour l’aider, mais ce n’était pas assez face aux chan­ge­ments radi­caux qui se pro­dui­saient en elle. La période qui a sui­vi, quand on se croi­sait sans se par­ler, a été assez dégueu­lasse. À la ren­trée, j’ai déci­dé de quit­ter Grenoble pour Genève, his­toire de ne pas m’enliser dans le pas­sé. Ça m’a fait du bien.

Quand Floriane a res­sur­gi, on a dû réap­prendre à se croi­ser, sans être ensemble. Elle avait un mec, mais je n’y prê­tais pas atten­tion. Puis elle a com­men­cé à me pro­po­ser des trucs seuls. Elle est pas­sée chez moi le jour de mon anni­ver­saire pour me dépo­ser des gâteaux. J’ai trou­vé ça bizarre. C’est allé cres­cen­do tout l’été. J’ai appris que sa rela­tion avait foi­ré. On échan­geait de plus en plus de tex­tos. J’ai fini par lui écrire : “J’aimerais qu’on dis­cute“, pour mettre un terme aux faux-​semblants. Je lui ai dit : “Je ne suis pas du tout insen­sible à ta pré­sence, mais sache que je n’ai pas envie d’entrer dans un jeu du chat et de la sou­ris.“ On a dis­cu­té deux, trois heures. On sen­tait bien que quelque chose nous atti­rait. Mais on se deman­dait si c’était par confort, parce qu’on se connais­sait si bien. C’est le pre­mier soir où on s’est de nou­veau embras­sés. Par la suite, on s’écrivait peu. On ne se voyait que le week-​end, sou­vent dehors. T’as conscience que si ça a plan­té une fois, faut pas que ça plante une deuxième… Cet entre-​deux a duré six bons mois. Parfois, il y avait des doutes. Ça a repris pro­gres­si­ve­ment. Il y a eu un week-​end à la mon­tagne. Des petits évé­ne­ments comme ça, qui nous ont per­mis de nous projeter.

Même si on a appris com­ment construire quelque chose de sérieux, notre lien est aus­si de l’ordre de l’intuition. C’est ce qui me fait dire qu’il faut à tout prix évi­ter les lieux com­muns du type “Ne jamais se remettre avec son ex“. Ce n’était pas un objec­tif pour moi, mais à aucun moment, je me suis dit par prin­cipe : “Non, Quentin, elle t’a déjà quit­té.“ Pourquoi fer­mer la porte à ce qui te rend heu­reux ? On va se marier en mai pro­chain. C’est un truc auquel on pen­sait déjà quand on était petits… Quand je visua­lise notre che­min, je me dis : “On a été trop forts !“ »

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