Yael Naim face à elle-​même

Cinq ans après son dernier album, Older, Yael Naim revient au printemps avec Night Songs, son travail le plus personnel, composé seule, sans son habituel comparse David Donatien. Un disque crépusculaire au plus près de l’os, qui marque un tournant dans la vie et la carrière de cette artiste ultrasensible. 

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© Celeste Leeuwenburg pour Causette

Le 27 novembre 2015, elle faisait partie, aux côtés de Camélia Jordana et de Nolwenn Leroy, des trois artistes choisies pour interpréter Quand on a que l’amour, de Jacques Brel, lors de l’hommage national rendu aux victimes des attentats du 13 novembre aux Invalides. Emmitouflée dans son grand manteau noir, la tristesse en bandoulière, armée de sa seule guitare, elle a chanté l’amour pour répondre à la haine. On s’est souvenu, alors, quelle artiste de premier plan cette Franco-​Israélienne à la voix d’or était pour la France. La même année sortait Older, sur lequel on trouve deux gros tubes : le sautillant I Walk Until, sorte d’ode à la pulsion de vie, et le poignant Coward, sur les questionnements abyssaux engendrés par la maternité dont Stromae himself a réalisé le clip. « Quand je suis tombée enceinte la première fois, j’avais l’impression que je ne ressentais pas ce qu’il fallait. Je ne pleurais pas de joie comme dans les films. Je versais des larmes de vomissements et de doutes. Comment je vais faire pour dormir ? Pour continuer à écrire ? J’admirais Beauvoir et Frida Kahlo, et j’avais peur de perdre mon indépendance en me noyant dans l’amour maternel », explique-​t-​elle aujourd’hui. Globalement, Yael Naim se méfie du bonheur.

Cet album, Older, elle l’avait[…]

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