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Renée Vivien, les­bienne en vers et contre tous

Talentueuse écri­vaine de la Belle Époque et fas­ci­nante figure les­bienne,
Renée Vivien est une femme libre. Dans ses poèmes, elle révèle avec finesse ses amours saphiques, pas­sion­nées, mais sou­vent mal­heu­reuses. Méprisée par la cri­tique de son époque, cette poé­tesse bri­tan­nique de langue fran­çaise aura mené une vie hors du com­mun.

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Renée Vivien pho­to­gra­phiée par Otto Wegener. © Wikimedia

« Ma bouche a pos­sé­dé ta bouche fémi­nine / Et mon être a fré­mi sous tes bai­sers d’amant », écrit Renée Vivien dans le poème La Double Ambiguïté 1. À l’aube du XXe siècle, l’autrice déclare publi­que­ment son amour à une femme et affirme ses dési­rs sans détour. La socié­té condamne pour­tant l’homosexualité, consi­dé­rée alors comme une mala­die men­tale. À cela s’ajoute un cer­tain mépris pour les femmes de lettres, l’univers intel­lec­tuel étant réser­vé aux mes­sieurs. On les sur­nomme, non sans iro­nie, les « bas-​bleus ». Mais qu’importe les conven­tions, Renée Vivien prend la plume avec cou­rage. Dans un style raf­fi­né rele­vant du Parnasse, un cou­rant lit­té­raire qui porte une grande atten­tion à la forme et à l’esthétique, elle fait entendre une voix réso­lu­ment révo­lu­tion­naire. Elle publie des textes les­biens, mais aus­si fémi­nistes, condamne le mariage et rejette la mater­ni­té. Jugée trop sul­fu­reuse et accu­sée de per­ver­si­té, elle est refu­sée par les édi­tions tradi­tionnelles. Ses pro­pos sont trop libres pour cir­cu­ler sans pro­blème. Méprisée par la cri­tique, Renée Vivien doit se conten­ter d’éditions confi­den­tielles, à compte d’auteur. 

Cette auda­cieuse est d’origine bri­tan­nique. Née à Londres le 11 juin 1877 d’une mère amé­ri­caine et d’un père anglais, qui la nomment Pauline Mary Tarn, elle est éle­vée dans une famille très for­tu­née. Avide de liber­té, la jeune femme ne sup­porte pas les[…]

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