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© Olive

« Olive », un court métrage poé­tique et juste sur l’épreuve de la fausse couche

Dans son court métrage Olive, Maud Bettina-Marie raconte avec pudeur et poésie la douloureuse expérience qu'est la fausse couche. Dernier né de sa collection Family, le film est diffusé depuis le 13 juin sur la chaîne YouTube de la scénariste.

Debout sur la jetée de Dunkerque, une jeune femme fixe les roulements des vagues. Elle serre au creux de sa main un petit bonhomme en tissu bleu. Ce petit bonhomme, c’est Olive. Le nom du bébé qu'elle et son compagnon ont perdu, lui qui avait « la taille d’une olive » lorsque son cœur a cessé de battre à trois mois de grossesse.

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Comment se reconstruire après une fausse couche ? Survivre aux phrases maladroites et assassines de ses proches ? Faire le deuil de « quelqu'un qu’on n’a pas vraiment connu » ? Autant de questions retranscrites à l’écran par Maud Bettina-Marie, scénariste et actrice principale du court métrage Olive, diffusé dès aujourd’hui sur sa chaîne YouTube. Sous la caméra pudique de Jean-Baptiste Delannoy découlent 12 minutes de plongée intimiste et poétique dans la psyché de cette femme. En compagnie de cette femme, on traverse les épreuves : l’annonce du drame par la sage femme, bien entendu, mais aussi l’insupportable vision d’autres ventres ronds, le rapport au couple, les séances de psychothérapie pour finalement parvenir à faire son deuil. 

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Lucile (Maud Bettina-Marie) et son compagnon Solal. ©Olive

Si la fiction paraît si juste, c’est peut-être qu’elle s’inspire de faits bien réels. Ceux vécus par Maud Bettina-Marie elle-même, victime d’une fausse couche en 2017. « Olive est complètement tiré de mon histoire, explique ainsi la scénariste à Causette. J’ai commencé l’écriture après la naissance de mon fils, en juillet 2018. Ça faisait déjà longtemps que je voulais écrire sur la fausse couche et je ne savais pas trop sous quelle forme, alors je l’ai fait à travers ma passion, le cinéma. » 

Vide sidéral 

Qu’il s’agisse d’un « exutoire » ou d’un « travail thérapeutique », Olive participe à combler un vide sur un sujet pour le moins tabou. « Une des premières phrases que j’ai entendu après ma fausse couche c’est "ça va, c’était pas un vrai bébé", se rappelle Maud. C’était d’une telle violence, alors même que j’avais développé dans les trois premiers mois un véritable instinct de protection pour cet enfant. » Comme il n’y a pas de conséquences sur le corps, la fausse couche est souvent minimisée par l’entourage et le corps médical. Un manque d’accompagnement et un silence, sourd, face au vide sidéral de la perte d’un enfant.« Au lieu de parler de ma souffrance, réelle et insupportable, j’ai à l’époque tout gardé pour moi, souligne Maud Bettina-Marie. Ce film est l’occasion de libérer la parole autour d’un sujet dont on peine encore à parler librement. »

Lire aussi : Judith Aquien : « On impose aux femmes de se taire pendant les trois premiers mois de leur grossesse »

Déjà lauréat de multiples prix en festival, le court métrage de Jean-Baptiste Delannoy s’inscrit dans une fresque cinématographique : celle du projet Family, menée par Maud Bettina-Marie et son compère le producteur Keyvan Khojandi depuis octobre 2020. Une série de cinq courts métrages - dont Maud est à chaque fois l’actrice principale  - interrogeant sur les épreuves que peuvent traverser les familles d’aujourd’hui. Après le deuil, la séparation, les problèmes de communication entre parents et enfants ou les relations toxiques, Olive vient donc conclure ce voyage, aussi éprouvant qu’il est nécessaire. 

Olive est disponible sur la chaîne Youtube de Maud Bettina-Marie, de même que toute la série Family.


Voir le court métrage Olive :

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