"Les Jeunes Amants", "Petite Solange" : notre sélec­tion ciné du 2 février

Deux beaux et puissants longs-métrages à retrouver ce mercredi dans les salles obscures.

Le bel âge

Difficile de résister. À l’histoire, jalonnée de doutes, de fuites et d’élans. Aux comédiens – Fanny Ardant et Melvil Poupaud en tête – qui irradient de charme. Carine Tardieu (Du vent dans mes mollets) a raison de s’engouffrer dans le (bon) mélodrame pour nous conter la naissance d’un amour véritable entre une femme de 70 ans, libre et indépendante, et un homme de 45 ans, marié et père de famille. Un amour à la fois charnel, romantique et porteur d’espoir, comme une célébration de la vie ! Car n’en déplaise à leurs proches, il ne s’agit pas d’une aventure. Encore moins d’une blague… C’est peut-être en cela que ce film singulier, classique d’apparence, est le plus transgressif : il donne à voir un autre regard sur l’amour et sur l’âge. Un regard généreux, délicat, bienvenu.

Les Jeunes Amants, de Carine Tardieu

Accords et désaccords

Solange, tendre brunette de 13 ans, a le coeur gros. Il a suffi que ses parents adorés se disputent, puis se séparent, pour que le monde parfait de cette ado candide vole en éclats. Eh quoi ? L’amour ne serait donc pas éternel ? C’est l’une des questions posées par Petite Solange, nouveau long-métrage d’Axelle Ropert qui entreprend – et c’est assez rare – de raconter un divorce du point de vue d’une toute jeune fille. Elle fait bien, puisqu’elle signe son film le plus bouleversant, dans la lignée de L’Incompris de Luigi Comencini (auquel elle fait discrètement allusion). Nul hasard si la piquante réalisatrice et scénariste de La Famille Wolberg ou de Tirez la langue, mademoiselle adopte la forme d’un mélodrame, lumineux et dur à la fois, pour sonder cet âpre apprentissage qu’est la perte de l’innocence. Et nulle surprise si la musique de Benjamin Esdraffo y occupe une place si importante, enveloppant totalement sa jeune héroïne comme dans tout bon mélo. In fine, ce qui surprend et touche profondément, c’est la façon si délicate, si élégante, si… harmonieuse qu’a ce beau film grave de rendre compte d’une dissonance. D’une rupture. Le choix des comédiennes participe pour beaucoup de cette douce maîtrise. Jade Springer incarne idéalement, sans afféterie, la petite Solange du titre. Elle donne le la de ce concerto mélancolique, cela d’autant mieux qu’elle est soutenue par deux grands interprètes : Philippe Katerine (dans le rôle du père) et Léa Drucker (dans celui de la mère). Au diapason.

Petite Solange, d’Axelle Ropert

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