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Quel bilan pour la France après l'Euro ?

Contre Attaque, c’est un superbe webzine réalisé par une dizaine de jeunes femmes passionnées de foot. De quoi mettre du female gaze dans le sport préféré des Français·es. Pour l’Euro, qui a débuté le 11 juin, elles prennent leurs quartiers sur Causette.fr… À vos crampons !

Quelques jours avant le début de la compétition, 50 journalistes européens ont été interrogés quant à l’issue de la compétition, et 56% d’entre eux avait déclaré la France comme vainqueur. Bon, si ces journalistes nous ont sûrement porté l’œil, on ne peut pas leur en vouloir entièrement. Cette défaite est autant le résultat d’une gestion discutable de la part de Didier Deschamps qu’un manque de cohésion sur le terrain.

Un choix tactique discutable

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Afin de dresser un bilan de l’Euro 2020 des Bleus, on reviendra sur la défaite de la France face à la Suisse. Le soir fatidique, Deschamps a choisi de mettre en place un 3-5-2 inédit, schéma que les joueurs avaient très peu travaillé en Bleus. Dans ce type de système, les trois défenseurs centraux sont essentiels car ils doivent gérer à eux trois la défense, en cas de montée des pistons. Alors on s’étonne que le sélectionneur français ait préféré titulariser C. Lenglet, auteur d’une saison très moyenne à Barcelone, alors qu’il avait L. Hernandez et K. Zouma à disposition.  Autre déception lors de ce match, B. Pavard a été incapable de tenir son couloir, laissant des espaces importants dans son dos, sans toutefois apporter des solutions offensives convaincantes. Pourtant au cœur du système mis en place par Deschamps, on peut regretter la prestation désastreuse de B. Pavard.

Conscient de son choix tactique catastrophique qui a mis la France en difficulté en première période, Deschamps repasse en 4-4-2 avant la pause, sort Lenglet à la mi-temps et met en place une sorte de 4-3-3 pour la 2ème mi-temps. Les Bleus renverseront la vapeur grâce à un Karim Benzema très inspiré, aidé par un Paul Pogba étincelant et un Lloris héroïque sur pénalty. Cependant, Didier Deschamps fait encore un choix discutable en sortant Griezmann pour Sissoko (à la 88ème), pensant que le match est plié. Cependant, les Bleus craquent sur cette fin de match, préférant défendre le score plutôt que de continuer à porter le danger sur la but Suisse.

Alors même si on ne parle ici que d'un seul match, celui contre la Suisse, les difficultés de l'Équipe de France ne se résument pas qu'à ce match, mais à plusieurs hésitations tactiques de D. Deschamps tout au long de la compétition, qui n’est pas parvenu à se fixer sur un système particulier.

Un collectif moins soudé

Au-delà des choix tactiques de D. Deschamps, on a senti un groupe moins uni et on a eu la sensation que le sélectionneur n’avait pas la main sur son groupe. Cela s’est ressenti dès les matchs de préparation, notamment après la victoire contre la Bulgarie (3-0), où O. Giroud accusait publiquement K. Mbappé de ne lui servir aucun « bons ballon ». Après cette sortie médiatique, K. Mbappé s’est expliqué publiquement quatre jours plus tard, avec l’autorisation du sélectionneur. On se rappelle également K. Coman qui refuse de sortir malgré les injonctions de D. Deschamps contre la Suisse ou encore de K. Mbappé qui affirme en conférence de presse qu’il n’y avait pas de hiérarchie de tireur, alors qu’A. Griezmann avait affirmé être le tireur numéro 1 de pénalty.

Ce manque d’emprise sur le groupe et les sorties médiatiques des joueurs ont mis en lumière l’échec managérial de D. Deschamps lors de cette campagne européenne, lui qui avait réussi en 2018 notamment grâce à ces qualités de meneur d’homme. Peut-être n’a-t-il pas su gérer les égos des attaquants (K. Mbappé, O. Giroud, A. Griezmann) pour conduire ce groupe vers la réussite. Le départ prématuré d’O. Dembélé après sa blessure lors du match contre la Hongrie, a été un coup dur pour l’Equipe de France, lui qui mettait une bonne ambiance dans le groupe.

On peut donc ainsi regretter cette bataille d’égo que n’a pas su gérer le sélectionneur et ce manque de cohésion qui ont fait rage pendant le tournoi. 

Une organisation de l’Euro en partie responsable ?

Le douzième homme avait manqué au monde du football pendant la crise du Covid. Cependant, les Bleus n’ont pas pu rencontrer leur supporter comme ils l’avaient fait lors de l’Euro 2016 organisé en France. Les supporters avaient porté les Bleus jusqu’en finale leur apportant un soutien sans faille. Alors on regrette qu’aucun match ne se soit passés en France, lorsque l’on compare à Budapest et son stade rempli porté par le peuple hongrois ou encore le stade de Wembley qui a accueilli l’équipe d’Angleterre six fois sur l’ensemble du tournoi. Certaines équipes devait donc ajouter à leur entrainement des trajets pour certains de plusieurs milliers de kilomètres. Comme l’Angleterre qui ne s’est déplacée qu’une seule fois, à Rome, pour les quarts de finales contre l’Ukraine. Alors que la Suisse, elle, s’étant arrêtée en quart de finale, a parcouru environ 10 466 kilomètres. Cette organisation inégale de la part de l’UEFA a été un facteur non négligeable sur la fraicheur physique des joueurs. On n’oublie pas non plus le bilan carbone catastrophique de cet Euro, causé par les multiples déplacements en avion des équipes participantes.

Alors forcément on est déçus, déçus d’avoir vu l’Équipe de France qui nous avait fait vibrer en 2018 s’arrêter aussi tôt dans la compétition. Mais aussi cela nous amène à nous questionner sur l’avenir de D. Deschamps en tant que sélectionneur des Bleus. Sera-t-il en mesure de trouver la bonne équipe et de mettre en place un système efficace pour la Coupe du Monde 2022 au Qatar ? D’autant plus que D. Deschamps n’aura qu’un an et demi pour faire fonctionner l’alchimie, après le décalage de l’Euro en 2021 dû à la crise sanitaire.

Maiwenn Degove

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