Je suis une punk à couettes avec une cagoule à crête !
Déglingos. Arrachos. J’enfile mes Doc Martens pourries, me laisse pousser une épingle à nourrice dans l’arcade droite et un pin’s No Future dans le téton gauche. Une brute baignée de mauvais alcool, une dingue asociale, déjantée et mal éduquée. Je suis une keupon et j’aime la baston. Enfin, je débute : ce matin, j’étais en train de me demander à quel point la musique de Johnny Rotten, des Sex Pistols, avait été influencée par sa méningite infantile, quand je me suis vautrée dans les escaliers du squat. J’avais pas vu le cadavre de Jack (le whisky) sur la marche. Mais je me donne, parce que je voudrais être acceptée dans le groupe Pussy Riot. Les féministes cagoulées de Moscou nous l’ont dit : « Nous sommes onze, mais c’est ouvert à tout le monde. Pas besoin de très bien chanter. C’est du punk. Il suffit de crier fort. » Elles, elles vocifèrent contre Vladimir Poutine, qui le leur rend bien. Leur dernière performance contre leur oppresseur national et planétaire, truqueur d’élections et actuel soutien de l’immonde al-Assad, a été de jouer, danser et chanter leur « prière punk » dans la cathédrale du Christ Saint-Sauveur de Moscou. Leur imploration : « Vierge Marie, Sainte Mère de Dieu, virez Poutine !!! » Et de la conjurer de devenir féministe. Comme des cinglées, elles sautent sur place le poing en l’air, se jettent au sol de la maison de Dieu. Arrestation, prison. Il n’y a pas de bière en prison. Ça craint. Nadezhda Tolokonnikova, Maria Alyokhina et Yekaterina Samutsevich attendent actuellement leur procès et risquent sept années de prison pour cet acte de « hooliganisme » (sic). OK, la chorégraphie était naze, mais ça ne mérite pas ça. Elles n’ont pas 25 ans et sont chargées d’une témérité à déplacer d’incroyables tas d’ordures. Courage, les filles. Punk’s not dead !
Causette







































