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Mai 2013

Un cerveau frigide dans une peau de vache

Qu’elle ait du mal à envisager que les autres puissent jouir de l’égalité qui leur est due, ça ne m’étonne pas d’elle, vu le surnom qu’elle se donne. Mais ne me demandez plus jamais d’écouter Virginie Tellenne 1. Elle et ses copains tout de rose et bleu vêtus (ben oui, bleu = garçon et rose = fille, patate) ont perdu le contrôle de la tornade homophobe qu’ils ont consciencieusement déclenchée. « Hollande veut du sang, il en aura ! » annonçait-elle il y a quelques jours. Mais de quel sang parlait-elle ? Je m’adresse à vous, Virginie : contre qui, pauvre barge, pensiez- vous que ça allait se retourner ? Contre l’Élysée ? Contre le PS ? Contre les Elohims 2 ? Ou plutôt contre ces deux collégiens, dans l’Isère, qui se sont fait insulter, cracher dessus et bousculer par une tripotée de leurs charmants camarades parce que deux élèves ont répandu la rumeur qu’ils étaient homos ? La violence des mots précède la violence physique, vous le savez pertinemment. Et vous avez eu beau affirmer que les plus extrémistes étaient interdits dans vos cortèges, ils sont là. Parce qu’ils sont le prolongement naturel de votre pensée, l’appendice caudal que vous tentez de dissimuler, mais qui ressurgit sans cesse. Comme un kangourou en minijupe qui essaierait de contenir sa queue. Sur les homos, tout a été dit, depuis le mois de janvier : « zoophilie », « polygamie », « pédophilie », « apocalypse ». Jusqu’où seraient-ils allés si l’homophobie n’avait pas été interdite par la loi ? On peut faire pire, vous croyez ? Ah oui, on aurait pu dire « assassins ». Pardon, que me dit- on ? C’est fait ? Ah oui, le député UMP Philippe Cochet, à l’Assemblée nationale, a déclaré : « Vous êtes en train d’assassiner des enfants ! Je n’ai pas peur de ce terme, c’est une réalité. » Mais dites-moi, il fait quoi le quidam moyen quand il se retrouve face à quelqu’un qui est « en train d’assassiner des enfants » – ce qui n’arrive pas tous les jours, je vous l’accorde, mais bon –, il fait quoi ? Il essaie de l’en empêcher par tous les moyens, même les pires. Et c’est exactement ce que se disent les esprits (forcément simples) des Jeunesses identitaires, du GUD et de tous ces groupuscules immondes qui détestent les homos autant que les Juifs et les Arabes, mais qui aiment quand même bien les enfants. Et ces joyeux drilles s’en vont donc « casser du pédé », se montrent, défilent, crient fort et sont (forcément) interviewés sur BFM TV. Et ça finit effectivement par retomber sur des enfants, mais pas ceux auxquels vous pensiez, Madame Tellenne, Monsieur Cochet. Non, sur tous ces mômes qui sont, en ce moment même, en train de s’interroger sur leur sexualité, qui flippent, la boule au ventre. Et qui ont le malheur de voir ce moment difficile de leur vie coïncider avec vos propos irresponsables. Je veux dire toute ma solidarité à toutes les petites lesbiennes, à tous les petits pédés qui traversent cette période délétère qui, je l’espère, aura une fin. Leur dire qu’il n’y a rien de mal à l’homosexualité. Et pour les y aider un peu, je vous remercierais sincèrement, Virginie, de bien vouloir accepter de fermer votre gueule.

 

Causette

 

 

1. Alias « Frigide Barjot ». Hors de question de l’appeler par ce nom. Je n’appelle par leur p’tit nom que les gens que j’aime.
2. Les petits extraterrestres qui ont enlevé Raël.



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