Serait-il fini, le temps des films pornos à gros engins qui finissent tous par une magistrale éjaculation censée donner envie d'applaudir ? Le genre à ne refléter que la libido masculine ?
Longtemps répudiée par les féministes pour cause de dégradation systématique de l'image de la femme, la pornographie bénéficie aujourd'hui des prémisses d'un retour en grâce. À l'heure où nous célébrons les quarante ans du MLF, force est de constater que les mouvements féministes doivent faire face à de nouveaux questionnements. C'est ainsi que toute une nouvelle génération de militantes, dites «pro-sexe», investissent le terrain de la sexualité. Leur objectif est clair: reprendre le contrôle. Refuser de montrer les femmes comme étant systématiquement victimes de la sexualité. Les sortir du ghetto de leur prétendue pureté, de leur douceur obligée, de leur romantisme supposé, de leur niaiserie attendue. Parce que les femmes peuvent être férues de porno, à condition qu'on veuille bien y laisser une place pour leurs fantasmes. Parce que la sexualité féminine est encore mal connue des hommes, et parfois des femmes elles-mêmes. Parce que laisser le sexe aux machos ou dans les limbes de l'impensé, c'est renoncer à une part primordiale de nous-même, cessons d'avoir peur de la pornographie.
Pour mieux comprendre ce mouvement de réappropriation du X, Causette a rencontré deux pionnières dans l'art de faire la nique au porno à papa.
... à lire dans Causette #10 ...
Publié le 08 Septembre 2010
Auteur : Bérangère Portalier, Jeanne Aleos | Photo : Too-much-pussy! Émilie Jouvet
2988 vues | 2 commentaires
Bonjour! Un grand merci pour votre travail! J'ai découvert Causette grâce a l'affichage des unes dans les kiosques a Paris. Le sous titre cerveau vs capiton m'a tout de suite accroche! J'ai pris du plaisir a feuilleter un magazine sans être assaillie de pubs (comment donc vous financez vous???) et de voir des photos de vrais gens. Une petite critique sur le fond cependant. Vous parlez du porno féminin comme si c'était un progrès, sans même poser la question de la valeur du porno. Car, est-ce que pour promouvoir davantage d'égalité entre hommes et femmes faut-il imiter en tout point les éléments de la culture "masculine"? Je trouve que la question mérite au moins d'être posée. Enfin, je me permets une suggestion: il manque a mon sens des articles sur l'économie et le monde du travail, les 'questions de sous' quoi - car qu'on le veuille ou non elles sont bien importantes pour nous tous! Au plaisir de continuer de vous lire!
Publié par Cha le 04 Octobre 2010A chat: Si les gens commencent à évaluer les choses dans l'absolu, et non pas relativement les unes aux autres, alors tout risque de s'effondrer. Tout, - c'est à dire le Monde irréel de consommation dans lequel nous vivons -, est bâti sur le relativisme. Pour notre copine Causette le féminisme n'existe que parce que c'est un rapport "relatif" aux Hommes. Moins bien ou plus mieux, telle est la question. Va-t'on les rattraper, les dépasser, nous adapter ? et sans cesser toujours de se comparer. Imaginez que les actuels "conso-acteurs" se mettent tous simultanément à apprécier les choses et les humains pour eux-même, pour ce qu'ils ont de spécifique, de différent, de remarquable. Et qu'ils décident que la Femme est définitivement différente de l'Homme, sans comparaison possible. Si ça se passe, alors la consommation chuterait, Ségolène royale se flinguerait, et Causette Magazine disparaîtrait. Est-ce vraiment cela que vous voulez ? un Monde totalitaire où les choses auraient une valeur absolue ? Une Causette sans Thénardiers ? Non, je sais bien. Donc il faut continuer à comparer, relativiser, acheter, débattre et acheter.
Publié par martin le 29 Octobre 2010





















